Frimaire an II, p
cienne Académie de peinture, vient d’achever un dessin qui, par la justesse’ de l’ensemble et le fini des détails, mérite l’attention des amateurs d’art. » Il s’agit du Partage d’un vol par une troupe de brigands^ et Wille ajoute : « M. Ville se fera un plaisir de le montrer gratuitement à tous ceux qui voudraient le voir. M. Ville est fils du célèbre graveur du même nom aujourd’hui âgé de quatre-vingt-onze ans et vraisemblablement le doyen de tous les artistes de l’Europe. )>
En 1808, le vieux graveur s’éteint, laissant pour toute fortune un mobilier estimé 2,493 francs ’ ; ce sont là les épaves de la belle collection dispersée vingt ans plus tôt. Wille le tils proteste contre l’oubli où est tombé son père, contre les critiques adressées à ses œuvres et, en 1810, quand Bervic, élève de Jean- Georges, obtient le grand prix de gravure, il proclame que la postérité rendra à son père « plus de justice et le vengera de l’espèce d’oubli où il a été relégué sur ses vieux jours Il invite tous les amateurs à venir contempler l’œuvre de Jean-Georges; i! expose chez lui une aquarelle « finie au crayon » qui représente une Noce de village se rendant à Véglise. Les connaisseurs ne semblent pas s’être dérangés. Pour exciter la grosse sensualité du public, il réunit à la façon de Boilly des VieiLX amateurs autour de femmes aux poitrines rebondies. Il reprend son crayon de caricaturiste et, devant le succès des séries publiées par Martinet, il grave en i8i5 trois vieux personnages ridicules, aux costumes d’émigrés, qui devisent
1. Archives de la Seine., Enregistrement. Registre iqSo, fol. 65.