Lettre au baron de Werther, 2 juillet i838 (Bibl. d’art
PEINTRE SUR PORCELAINES
le buste de Valois qui lui sert de modèle. La duchesse de Berry vient à son atelier voir le portrait de son oncle, et, ravie de la ressemblance, emporte l’effigie pour la faire admirer à son mari, au duc et à la duchesse d’Angoulême. En i8i8, alors que l’on réduit à 400 francs le prix d’un portrait exécuté par Augustin, ceux de Jaquotot lui sont payés i,5oo francs. Elle en peint un grand nombre. Une liste dressée en 1834 et conservée à Sèvres ne comprend pas moins de quarante noms. On y apprend qu’elle traça les figures de Pierre le Grand et de Fénelon, d’Anne de Bretagne et de Marie Leczinska, de Diane de Poitiers et de François et de bien d’autres.
Lorsque M™® Jaquotot devait copier des œuvres appartenant à des galeries particulières, le surintendant des Beaux-Arts n’hésitait pas à écrire lui-même pour solliciter le prêt des tableaux. C’est ainsi que le duc de Mouchy se dessaisit temporairement d’un portrait de M"»® de Maintenon et le général Despinois d’un portrait du maréchal de Saxe. Les collections publiques étaient également mises à contribution ; les toiles du Louvre comme celles de Saint-Cloud étaient transportées à l’atelier de l’artiste. Chaque prêt nouveau amenait les protestations véhémentes du comte de Forbin, mais ces protestations restaient vaines.
L’intérêt artistique de ces copies, payées très cher, nous semble médiocre. On ne distingue pas parmi ces effigies sèches, figées et sans vie, ce qui peut être la tâche personnelle de M‘"® Jaquotot ou ce
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qui revient aux élèves par qui elle se faisait aider ^ Les copies de tableaux ne sont pas beaucoup plus attrayantes. L’histoire de l’une d’entre elles donnera, en quelques lignes, un aperçu de l’esprit mercantile de Jaquotot et renseignera sur l’estime où son talent était tenu. Prenons, par exemple, la copie de l’Amour et Psyché que le Musée de Sèvres garde avec respect et qui a le mérite d’être bien dans l’esprit de l’original : on y trouve la même grâce maniérée, les mêmes attitudes un peu raides, la même minutie de détails que dans la toile du baron Gérard. Les pervenches piquent sur le sol leur même tache bleue, les nuages se découpent sur le ciel d’un azur inviolé et le frêle papillon, dans son ascension vers la lumière, écarte éternellement ses ailes fragiles au-dessus de la tête d’Éros.
Dès le mois d’aoùt 1821, il était convenu, entre Jaquotot et Brongniart, que la copie du tableau qui appartenait alors au général Rapp aurait lieu moyennant la somme de 16,000 francs, somme que le directeur de Sèvres note comme fort élevée. La mort du propriétaire de la toile de Gérard, survenant le 2 novembre de la même année, empêcha de donner suite à ce premier projet. Ce ne fut qu’après l’achat par l’État de l’Amour et Psyché^ ^ lors de la vente de mars 1822, que M*"® Jaquotot écrivit à Brongniart pour lui rappeler leur convention. Ce projet fut repris. Lettres sur lettres de l’artiste se succédèrent alors pour aboutir à une augmentation de 2,000 francs sur le chiffre primitivement arrêté. Sur l’ordre for-
1. Une lettre de M"® Pellerin à Brongniart (Archives de Sèvres) apporte la preuve de cette aide.