‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 22 sur 220 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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JACOPO BELLINI

Si cette identification paraissait fondée sur des données trop vagues, nous pourrions établir une corrélation entre la mise en scène du peintre et la légende de sainte Marie Égyptienne. Après avoir mené une vie de scandale, Marie se rendit avec des pèlerins à Jérusalem. « Comme elle se présentait aux portes de l’église, elle se sentit soudain repoussée par une force invisible, qui ne lui permit point d’entrer dans l’église. Vingt fois elle s’approcha des portes; vingt fois, sur le seuil, cette force invisible la retint et l’empêcha d’entrer » \ Les femmes enveloppées de grands manteaux seraient, dans ce cas, les pèlerines dont il est question dans la légende. Mais comment identifier la jeune femme qui fait suite à la première, ainsi que les deux jeunes gens fermant le cortège? Quant à la personne qui est en tête, il semble bien qu’elle s’arrête au moment de gravir les marches du temple.

Quoi qu’il en soit, l’identification du second tableau soulève des énigmes qui ne pourront peut-être jamais être résolues, pas plus que certains problèmes se rattachant aux fresques de Raphaël dans la Stance de la Signature n’ont été élucidés.

A cette époque, les artistes n’utilisaient pas de recueils consacrés par une longue tradition; ils s’inspiraient auprès de leurs contemporains, poètes, philosophes, théologiens et chroniqueurs, beaux esprits qui remplissaient de leurs échos les aéropages intellectuels des grandes et des petites cours d’Italie. Le paganisme, s’entremêlant aux sources de l’histoire chrétienne, se faisait jour dans les monuments, et nous voyons ici un temple qui probablement devait

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