Vita d’arte, t. IV (igog), p. 402 et suiv
JACOPO BELLINI
est devenu moins affirmatif’. Il reconnaît que les tableaux de la galerie Barberini peuvent être considérés comme issus de l’ambiance de Fra Garnevale, tout en offrant certaine parenté de style avec des produits de l’École ferraraise.
M. W. Bombe suppose d’ailleurs avec raison que ces ouvrages n’étaient point des retables, mais qu’ils décoraient l’intérieur d’une pièce au palais d’Urbin.
Lorsque nous songeons à tous les artistes qu’avait su attirer le duc Frédéric de Montefeltre, à Luciano da Laurana le promoteur de la Renaissance classique italienne, à Francesco di Giorgio de Sienne qui collabora avec Laurana à la construction du palais ducal, à Baccio Pontelli, à Paolo Uccello venu à Urbin en 1468, à Desiderio da Settignano, à Francesco Laurana, au Flamand Juste de Gand, à Melozzo da Forli, à Piero délia Francesca qui remplit le soir de sa vie par des études de perspective, nous comprenons d’autant mieux l’intérêt qu’offrent ces deux tableaux, 'reflétant sous une forme si attrayante l’esprit d’un tel milieu.
Et si ces œuvres avaient des points communs avec les dessins d’un maître qui s’est développé au souffle vivifiant de l’Université padouane, de la cité commerçante de Venise et du milieu ferrarais ouvert aux arts et aux lettres, nous nous sentirions en présence de deux manifestations bien caractéristiques des progrès qui ont acheminé l’art italien vers l’époque de son épanouissement.