N® 34 de l’édition Goloubew
Jacopo Bellini. — Le Christ devant Pilate.
Dessin.
(Musée du Louvre.)
JACOPO BELLINI
travaille dans un esprit plus voisin de l’époque classique. A l’endroit où Bellini avait placé quatre colonnes, il n’en met que deux, mais il leur donne plus de force. Alors que la frise du Vénitien est animée de reliefs à sujets, il recourt au décor purement ornemental. Son œuvre est plus raisonnée, elle a plus d’accent que celle de son devancier.
Une autre page, surnommée Etude d’architectU7'e\ nous offre un groupe de trois personnages discutant entre eux. Deux sont de profil, le troisième au milieu se présente de face. A ce dispositif se rattache le groupe de trois femmes qui se trouve au milieu de la Nativité.
Dans ce même dessin, la jeune mère tenant son enfant par la main fait penser à un motif semblable évoqué par l’auteur de la Nativité. Ce dernier, — reconnaissons-le, — présente ses figures de face, tandis qu’elles sont vues de dos dans la composition de Bellini.
Jacopo Bellini différencie souvent le niveau de ses plans pour renforcer l’impression du grand espace qu’il veut faire surgir devant nos yeux. Il lui arrive ainsi de relier les premiers et les arrière-plans par un escalier. C’est précisément ce que fait l’auteur des tableaux conservés à la galerie Barberini. Conformément à ses idées classiques, il élargit et simplifie la pensée de son prédécesseur. Les marches tantôt arrondies et limitées à un motif accessoire, comme elles apparaissent dans le dessin cité en dernier lieu, tantôt fragmentées et noyées dans les lignes d’ensemble, prennent ici une allure droite et imposante, traversant le tableau dans toute sa largeur. Ces pein-