‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 29 sur 220 · N® 5g® de l’édition Goloubew · texte numérisé non relu

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JACOPO BELLINI

ces œuvres au même artiste. Nous avons déjà fait remarquer l’écart entre les deux manières de comprendre l’architecture. Ajoutons que Bellini adopte généralement des perspectives centrales, tandis que, dans les deux tableaux de la galerie Barberini, les lignes de fuite sont décentrées. Cette particularité milite en faveur de l’hypothèse de M. Bombe, d’après laquelle les deux panneaux, enchâssés dans le mur, se seraient fait pendant. Peut-être existait-il entre eux une troisième composition à perspective centrale.

D’autres différences s’affirment dans les draperies. Alors que les drapements sont très souples dans les dessins de Bellini, ils offrent un aspect plus rigide dans les tableaux de Rome. Ici, les plis profonds ont une tendance à descendre parallèlement et à s’étaler ensuite sur le sol en faisant bouffer les étoffes, sans altérer entièrement le rythme pris au départ. C’est le cas aussi dans les tableautins de la galerie Buonarroti à Florence, figurant des épisodes de la légende de saint Nicolas et attribués, sans aucune raison d’ailleurs, à Giuliano PeselloC Le père des jeunes filles, auxquelles saint Nicolas envoie des pommes d’or, est assis et accoudé absolument comme une des servantes près du bain de l’enfant dans la Nativité. L’analogie est si frappante qu’on dirait cette dernière figure dessinée d’après la première. Les draperies des femmes suivant les jeunes filles devant le temple offrent des analogies avec des étoffes de ce même ensemble de la Casa Buonarroti et avec certaines peintures de Piero délia Francesca à Arezzo^. U Adam

1. A. Venturi, Storia delV arte italiana, t. VII {La pittura del quattrocento)^ r® partie, p. 385 et suiv.

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