Ibid. y p
JACOPO BELLINI
à la veille de sa mort^ peut être comparé, pour l’attitude, à l’un des infirmes assis devant le temple (à la galerie Barberini). A vrai dire, l’un de ces mendiants est placé exactement comme une figure en grisaille introduite par Cosimo Tura dans la lunette de gauche de son tableau de Berlin.
Cosimo Tura, Piero délia Francesca! Voilà certes des artistes bien différents. L’un travaille dans le nord, l’autre est occupé au centre de l’Italie. Et cependant tous deux développent à leur manière un héritage commun.
Dans l’accroissement de cet héritage, Jacopo Bellini était intervenu. Malgré son talent, il n’avait mis en œuvre que des idées ayant germé et s’étant développées autour de lui. Léon-Baptiste Alberti, qui a séjourné à Ferrare et à Venise, a été un des grands initiateurs de la Renaissance. Aussi certains dessins de Bellini paraissent-ils un commentaire graphique des éléments de peinture dédiés par Alberti à son ami Brunellesco en iqSS.
Il serait facile de démontrer que les idées de perspective et d’architecture exprimées sous une forme attachante dans les deux petits panneaux de la galerie Barberini, répondaient aux aspirations d’un milieu d’élite qui avait son centre à Florence et rayonnait sur l’Italie entière. Le temple de Malatesta construit à Rimini par Léon-Baptiste Alberti annonce le style de nos architectures. D’ailleurs, la meilleure peinture de ce maître n’était-elle pas, selon Vasari, une vue de Venise en perspective^^?
Si nous étudions les Florentins à Florence même, nous verrons plusieurs d’entre eux s’attacher à des