‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 34 sur 220 · Ad. Venturi, op. c/f., p. 5i2 et 5i · texte numérisé non relu

Ad. Venturi, op. c/f., p. 5i2 et 5i

JACOPO BELLINI

Les deux tableaux de la galerie Barberini émanent du milieu supérieur où Bramante a vu le jour.

Le témoignage de Vasari vient confirmer nos conclusions. « Si les Romains », — écrit le conteur d’Arezzo, — « imitèrent les Grecs inventeurs de l’architecture, Bramante, lui aussi, les imita, mais comme imite le génie, en enrichissant l’art d’une beauté nouvelle et en lui donnant cette grâce et cette puissance que nous admirons aujourd’hui »L

Ces mots ne s’accordent-ils pas avec les belles architectures de nos tableaux?

Et comment s’étonner de voir dans la Stance de la Signature s’affirmer des principes que formule déjà Jacopo Bellini et que développe l’auteur de nos tableaux de Rome, lorsque nous apprenons par ce même Vasari que « Bramante enseigna l’architecture à Raphaël d’Urbin et l’aida à mettre en perspective les édifices des tableaux de la salle du pape où se trouve le mont Parnasse »^.

Les panneaux de la galerie Barberini ont donc une importance capitale. Ils sont témoins des pensées exprimées presque simultanément par Léon-Baptiste Alberti dans ses livres, par Jacopo Bellini dans ses dessins, pensées qui, accréditées dans les foyers d’art de l’Italie centrale, trouvèrent à Urbin des partisans zélés et finirent par engendrer l’atmosphère où se sont épanouis Bramante et Raphaël, c’est-à-dire les appuis les plus solides de cette Renaissance classique dont les qualités suprêmes sont l’équilibre, la mesure et l’harmonie.

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