‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 40 sur 220 · M. Reymond, Verrocchio, pl. I, p · texte numérisé non relu

M. Reymond, Verrocchio, pl. I, p

Buste de giîerrier

d’après Verrocchio ou Léonard de Vinci.

Atelier des della Robbia, vers i5oo.

(Musée de Lisbonne.)

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LE SECRET DE SCIPION. 9I

toria and Albert Muséum, sœur mystérieuse du héros anonyme qui a servi de modèle au Scipion.

Vers i5oo, ces images d’héroïsme et de gloire furent multipliées à l’usage des dévots de l’antiquité par l’atelier des délia Robbia qui venait de modeler des Pietà pour les fidèles de Savonarole. A côté des médaillons d’empereurs, silhouettes blanches dans un cercle bleu, qui sont des copies de monnaies antiques, l’industrie d’art florentine répéta, comme un de ses modèles courants, une effigie de guerrier casqué, qui est étroitement apparentée au Scipion. Cette effigie s’est conservée au moins à trois exemplaires, dispersés entre les Musées de Pesaro, de Berlin et de Lisbonne. Au milieu de son cadre couvert d’imbrications et entouré d’une opulente guirlande, le guerrier inconnu montre le profil accidenté et le regard sourcilleux d’un Colleone. Une imitation directe du fameux guerrier dessiné par Léonard de Vinci, ou du bas-relief de Verrocchio que Léonard a pu copier avec la liberté de génie, est visible dans les détails les plus caractéristiques de ce médaillon polychrome, en particulier dans la tête de lion, accompagnée d’ailes, qui remplace le motif plus connu de la tête de Méduse. La guivre du casque de Scipion a sa place sur le médaillon, mais elle est reportée sur l’épaulière : le cimier est un dauphin.

Il n’est pas douteux que le bas-relief dont le Scipion est la copie ne soit sorti du même milieu artistique que les médaillons des délia Robbia à l’effigie du guerrier casqué. Ce bas-relief était, par le style, plus proche encore de Léonard de Vinci que les médaillons polychromes. La tête de la guivre, dont

LE SECRET DE SCIPION

le contour était resté très pur au-dessus du casque rongé, semble calquée sur un dessin de Léonard qui est à Florence (Offices) : un combat d’un dragon et d’un lionL Le type même du profil qui a été copié par le sculpteur du Scipion est celui du jeune homme que Léonard a plusieurs fois dessiné, sur une des feuilles de Windsor^, à côté d’un robuste vieillard., le « Colleone », qu’il montre ailleurs coiffé du casque merveilleux.

Pour en dire un peu plus au sujet du bas-relief mutilé, il faudrait le retrouver. Si jamais il reparaît, peut-être y distinguera-t-on plus nettement que sur la photographie si ce bas-relief était le souvenir d’un bas-relief de Verrocchio ou d’un dessin de Léonard. Quant au Scipion du Louvre, il n’est que le souvenir de ce souvenir^.

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