‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 54 sur 220 · Ibid., fol. N ii et iii · texte numérisé non relu

Ibid., fol. N ii et iii

EN NORMANDIE

fait que, s’il faut en croire l’abbé de La Rue, qui déclare avoir consulté d’anciens documents, des artistes italiens ont travaillé aux sculptures de la cour.

Enfin, c’est l’influence des livres à gravures qui explique certains détails des médaillons sculptés qui donnent à l’architecture privée de la région caennaise, entre i5i5 et i55o, une physionomie si distincte. Elle n’explique pas le médaillon lui-même, petit bas-relief circulaire, ionique, encadrant soit des figures de fantaisie, comme au manoir de Nollent, soit comme au vieux Saint-Sauveur une tête d’empereur, soit des scènes mythologiques ou religieuses comme aux chapelles du déambulatoire de Saint-Pierre, soit des portraits probables comme à l’hôtel de Duval de Mondrainville. Tantôt des plaquettes de bronze italiennes, tantôt les « anticaglie » de Gaillon ont donné, non les modèles, mais l’inspiration première. Tout au plus peut-on et doit-on faire remarquer que le médaillon à figures abonde aussi dans les livres illustrés de l’Italie septentrionale : il orne les bordures des missels vénitiens du début du xvi® siècle', les miniatures des manuscrits apportés de Milan, de Pavie ou de Naples par Charles VIII, Louis XII et Georges P*' d’Amboise'^, et les planches même du Songe ; aux écoinçons de la Grande Porte, « de chaque côté étaient entaillés deux ronds enclos de moulures et environnés de chapeaux de triomphe faits de feuilles de chêne liés de rubans, dedans lesquels étaient deux figures sortant du concave des ronds » . Mais si, sur les monu-

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