‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 58 sur 220 · Il paraît aussi dans le Songe au triomphe de Léda · texte numérisé non relu

Il paraît aussi dans le Songe au triomphe de Léda

EN NORMANDIE

ont paru avoir suscité à Caen certaines nouveautés du décor de la Renaissance. M. Émile Mâle et moimême en avons prouvé des effets plus importants à Rouen, sur les vitraux, les bas-reliefs sculptés et les entrées solennelles. C’est parfois le génie national, mais plus souvent l’influence italienne qu’encouragent ces feuillets. Par eux s’explique mieux cette originalité de la Normandie à la Renaissance, que la tradition gothique toujours vivace et l’italianisme à la mode s’y heurtent sans se nuire, du moins jusqu’au milieu du siècle. Ce pays de dévotion a eu dans son épiscopat les Estouteville, les Amboise, les Luigi de Canossa. Conservatrice, mais commerçante et voyageuse; riche de quant à soi, mais avide des choses de r « Italie gallique », c’est-à-dire du Milanais, la Normandie de i5oo-i55o est la terre d’élection des palinods et des triomphes, du culte de la Vierge et de celui du Héros. Déjà aux stalles de Gaillon en i5o8 l’arabesque, tracée sur des patrons italiens, serpente dans le gothique flamboyant autour des scènes prises dans le livre illustré de Guyot Marchant, le Calen^ drier des Bergers. Moins pénétrée de civilisation latine que le reste de la France, sa ferveur pour la Renaissance fut un élan plus qu’un retour. Pays des beaux livres après Paris et Lyon, la gravure lui a servi de guide.

DE LA

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