PAR LES PEINTRES VERRIERS FRANÇAIS
DU XVI^ SIECLE
Par M. Émile Mâle.
Dans la première partie du xyi® siècle, nos peintres verriers s’inspirèrent souvent des gravures sur bois ou sur cuivre qui leur venaient des Pays-Bas, de l’Alsace ou de l’Allemagne du Sud. Le respect de l’iconographie traditionnelle, la profondeur du sentiment religieux, Tâpreté même de la ligne, tout les séduisait dans l’œuvre de Martin Schongauer ou d’Albert Dürer. Aussi les copièrent-ils souvent. A Schongauer, par exemple, ils empruntèrent la magnifique scène de bataille où saint Jacques, à la tête des chrétiens, charge les infidèles : on en voit une imitation un peu libre à Châlons-sur-Marne^ et à Roye^. A Albert Dürer, ils empruntèrent les plus belles pages de son Apocalypse qu’ils ne se lassèrent pas de reproduire. Sa Vie de la Vierge et sa Grande Passion inspirèrent souvent aussi les dessinateurs de vitraux qui prenaient ici une scène et là un détail. Cet art de Schongauer et de Dürer, c’était encore l’art du moyen