‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 60 sur 220 · IMITATIONS DE LA GRAVURE ITALIENNE · texte numérisé non relu

IMITATIONS DE LA GRAVURE ITALIENNE

âge, tendre, pathétique et familier, tel que nos artistes l’aimaient.

Mais, vers 1640, les peintres verriers commencèrent à s’inspirer de modèles tout différents. Des estampes venues d’Italie leur révélèrent un art nouveau, où tout était harmonie, rythme savant, beauté. Ils furent séduits et on les vit imiter Raphaël et Michel-Ange.

Une étude attentive des vitraux du xvi® siècle nous fera connaître, j’en suis sûr, un grand nombre de ces emprunts. Je voudrais, ici, en signaler quelques-uns qui m’ont paru particulièrement frappants.

Les grandes verrières du chœur de l’église de Couches (Eure) sont une des plus belles œuvres du xvie siècle. La date n’en est pas connue, mais elles paraissent antérieures de quelques années aux vitraux de la nef qui portent la date de iSqô, i552, i553. Elles représentent à la fois la Passion de Jésus-Christ et V Histoire de sainte Foy^ patronne de l’église. L’abbé Bouillet', qui les a étudiées le premier, y a reconnu sans peine des imitations de Dürer; il a eu plus de mérite à signaler des emprunts faits à Hans Sebald Beham et au Maître à l’étoile. Mais, chose curieuse, il n’a pas eu l’idée de chercher ailleurs que chez les graveurs allemands les originaux des vitraux de Couches. Il eût dû, cependant, être averti, par la noblesse de certains épisodes, par la fierté du dessin, que l’artiste avait d’autres modèles. La Descente de croix^ par exemple, est une composition de grand style : le corps du Christ, soutenu par des hommes montés sur de hautes échelles, est suspendu dans le vide et, près de la croix, les saintes femmes soulèvent

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