I. Bulletin monumental
la tête de la Vierge évanouie. Ce ne sont plus les lignes cent fois vues des descentes de croix traditionnelles ; la scène donne une impression de nouveauté, de force créatrice. Et, en effet, cette descente de croix si originale n’est rien moins qu’une composition de Raphaël, gravée par Marc-Antoine E
Marc-Antoine était mort un peu avant i53o; ce n’est guère qu’en iSqo que nos peintres verriers commencèrent à admirer ses gravures et à les imiter. C’est par lui surtout qu’ils connurent Raphaël et qu’ils purent entrevoir ce monde de beauté qu’il avait créé. Tout ce qu’ils savaient de Raphaël, ils l’avaient appris de Marc-Antoine; ils en voyaient assez pour aspirer, eux aussi, à la noblesse, à la beauté. En étudiant les vitraux de Couches, on est frappé de voir que le peintre, quand il imite des gravures allemandes, les épure, les ennoblit, leur donne un caractère italien. Même quand il copie Dürer, il subit l’influence de Raphaël.
La Descente de croix n'est pas la seule imitation de Marc-Antoine que nous révèlent les vitraux de Couches. Dans V Histoire de sainte Foy^ qui contient tant d’épisodes charmants, la scène de son martyre frappe tout particulièrement par sa beauté. Les juges sont assis sous un noble portique corinthien; la jeune sainte est plongée dans une cuve antique portée par des griffes de lion; dans le ciel vole un ange pareil à une Victoire. Nous reconnaissons une des plus belles gravures de Marc-Antoine qui représente le Martyre de sainte Cécile. C’était la copie d’une fresque que
I. On s’est demandé si la composition de cette descente de croix était bien de Raphaël : les raisons qu’on a données pour la lui enlever sont peu convaincantes.