‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 64 sur 220 · DE LA GRAVURE ITALIENNE · texte numérisé non relu

DE LA GRAVURE ITALIENNE

attire le regard dans ce vitrail, ce sont des personnages nus et musclés qui en occupent le milieu. L’un semble puiser de l’eau dans une rivière, tandis que l’autre en enjambe la berge. Ces athlètes sont les Grimpeurs de Michel-Ange, dont l’artiste a embelli son vitrail, comme un humaniste ornait ses vers latins d’une réminiscence de Virgile. Mais ce n’est pas tout : on aperçoit au premier plan une redoutable figure. C’est un Moïse à longue barbe qui porte les tables de la loi. Ce conducteur de peuple, ce grand marcheur qui traverse les déserts a les jambes soutenues par des courroies. A tous ces traits, on reconnaît le Moïse de Michel-Ange. Ici, la statue de Saint-Pierre-aux-Liens s’est dressée et marche. L’idée paraîtrait grande si le dessin du vitrail était meilleur.

Faut-il croire que l’artiste de Conche^s ait vu l’Italie? L’hypothèse est bien inutile, car il était possible de connaître les Grimpeurs et le Moïse sans quitter la France. Les Grimpeurs avaient été gravés par Marc-Antoine et son estampe est un des rares souvenirs qui nous restent aujourd’hui du carton de la Guerre de Pise. Quant au Moïse, une grande estampe, gravée peut-être par Beatrizet, vers le milieu du XVI® siècle, l’avait fait connaître à l’Europe’.

Le vitrail de Couches est un curieux témoignage de l’influence de Michel-Ange, mais il est jusqu’à présent isolé. Michel-Ange semble avoir agi indirectement sur nos peintres verriers par l’intermédiaire des maîtres de Fontainebleau. Ce serait là un vaste sujet d’étude et qui pourrait être d’un vif intérêt. Je me contenterai d’un exemple. Il y a à Écouen un vitrail donné par le cardinal Odet de Châtillon qui

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