I. Cabinet des Estampes, Vx43, fol
J 5o IMITATIONS DE LA GRAVURE ITALIENNE.
porte la date de 1545. Il représente V Histoire d’ Adam et d’Ève et la Parabole du Bon Pasteur. Dans le bas, près du donateur, un beau Christ presque nu, debout dans une niche comme une statue, porte sa croix. Ce Christ, qui semble un héros antique, éveille le souvenir du Christ de la Minerve sculpté par Michel- Ange. Mais ce n’est pas de cet original que le peintre verrier s’est inspiré; il a copié une gravure d’un maître de Fontainebleau, qui fut un disciple de Michel-Ange. On trouve dans l’œuvre du Rosso une gravure qui représente le Christ portant sa croix, tel que le verrier d’Écouen l’a reproduit. Le Rosso, en dessinant son Christ, s’est évidemment souvenu du Christ de Michel-Ange; mais le peintre verrier français, lui, n’a connu que le dessin du Rosso. On voit par cet exemple que c’est par ses disciples que Michel- Ange a agi sur nos artistes.
Les quelques faits rassemblés ici montrent que nos vitraux du xvi^ siècle doivent être soumis à une analyse attentive. L’historien de l’art qui voudra s’y consacrer devra commencer par posséder parfaitement les graveurs allemands et les graveurs italiens du xvi« siècle. Il pourra, de la sorte, juger du degré d’originalité de nos maîtres et distinguer les créateurs des imitateurs.