‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 75 sur 220 · Fol. 289 6, fol. 3i · texte numérisé non relu

Fol. 289 6, fol. 3i

lyg REMARQUES TRIENNALES

ei il n’oublie pas de rapporter qu’il vit conduire un Turc au baptistère, au son des trompettes et des violons*. Il est un spectateur attentif des bals publics, dans les cours et dans « les recoins des rues », et il décrit fort exactement les « gaillardes et passomaises et autres danses à la fourlane » que dirige la musique d’un violon ou deux et d’un cistre^; par lui, nous savons que les « ballets de nuit » des courtisanes vulgaires sont rythmés par une épinette et un dessus de violon, ou un violon et un cistre, et il nous dit encore qu’elles ne paient pas les musiciens, mais que, au contraire, pour obtenir de les faire danser, les ménétriers leur donnent des escarpins blancs^.

Plusieurs fois, il a vu le doge sortir de son palais « en triomphe, avec les estandars et les trompettes d’argent » ^* : la veille de l’Ascension (14 mai 1608), il se trouvait sur le passage du cortège, quand le prince se rendit aux vêpres de Saint-Marc, « auec les huict estandars, six trompes d’argent, les haultsbois, le cierge blanc, le cuissin de drap d’or, la chaire d’or, son parasol et l’espée »^. A la procession de la Fête-Dieu, il observe que les confrères de Saint- Théodore étaient précédés de quatre trompettes « vestus en Turcs »^. L’année suivante, à la même procession, paraissent six joueurs de hautbois « vestus de longues robbes a grandes manches de camelot de soye turquin ou plein, de couleur incarnate » En

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