LES DERNIERS JOURS DE NICOLAS POUSSIN
Mais, en i665, que devint Poussin pendant les quelques mois qui précédèrent sa mort? Nous savons bien qu’un sien neveu vint rôder à Rome autour de l’héritage convoité, qu’il se préoccupa de sa famille et des biens importants qu’il laissait, que le i^r mars il se réveilla pour inscrire dans une lettre fameuse quelques vérités dont les unes sont trop évidentes, dont les autres semblent l’écho de la haute doctrine qu’il pratiqua ; nous nous le figurons seul, abandonné, découragé par la souffrance, attendant la mort, et nous déplorons qu’un de ses amis ne nous ait pas laissé quelques détails sur sa fin.
L’étude attentive et le rapprochement de certains textes depuis longtemps connus vont me permettre de jeter une toute petite lueur sur cette obscurité. Mais lorsqu’il s’agit d’un Poussin, rien n’est à négliger, et nous ne pouvons faire fi du moindre renseignement.
Les procès-verbaux de l’Académie royale de peinture et de sculpture nous apprennent que l’Académie de France à Rome exista de fait avant son établissement officiel, puisque de jeunes artistes reçurent dès 1664 « la pension du roi » pour aller à Rome, conformément aux projets de Louis XIV et de Colbert. M. Lucien Marcheix a même relevé, dans la Correspondance des directeurs de V Académie de France à Rome^ la présence, dans cette ville, en 1661, du peintre Bénigne Sarrazin, fils du grand sculpteur, et a cru pouvoir le considérer comme le plus ancien pensionnaire^ Mais enfin, c’est le 10 septembre 1664
I. Bulletin de la Société de l'histoire de l’Art français^ année igo8, p. 23. — Bénigne Sarrazin obtint bien, le 20 décembre 1660, en même temps qu’un logement au Louvre « la somme de 3oo livres de pension par forme d’entretennement