LES DERNIERS JOURS DE NICOLAS POUSSIN
que Colbert vient distribuer les prix du premier concours institué conformément à l’article XXIV des statuts du 24 décembre i663, concours qui, ayant subsisté jusqu’à nos jours malgré la suppression de l’ancienne Académie, continue d’ouvrir à nos jeunes artistes la route de l’Italie. Colbert donc promet aux lauréats « que le roi leur donnera pension pour aller à Rome quand l’Académie le jugera à propos ». Le 29 novembre, celle-ci donne « déclaration aux sieurs Meunier et Corneille le jeune portant qu’ayant reconnu l’assiduité et le progrès qu’ils ont fait dans le dessin et peinture, par lequel ils ont obtenu les premier et second prix, l’Académie a jugé qu’ils sont en état de profiter en l’étude du dit art en Italie, quand il plaira à Sa Majesté de les y envoyer ». Et enfin, le 27 décembre, M. du Metz vient lui-même annoncer que (( M. Colbert ayant vu le certificat de l’Académie... a incontinent ordonné l’argent nécessaire pour leur voyage et la pension pour les y entretenir ».
Disons pourtant que les Comptes des Bâtiments du roi nous donnent à penser ; 1° que l’ordonnancement de la dépense ne fut pas immédiat; 2° que le roi adjoignit un sculpteur, ou plutôt un graveur, aux deux peintres, puisque nous y lisons : « 23 avril i665, au s*" Beaubrun, trésorier de l’Académie de peinture et sculpture, ... 41 1 livres pour le paiement des prix
par chacun an pendant qu’il sera en Italie », et cela « pour donner moyens au dict Benigne Sarazin d’aller étudier à Rome afin de se perfectionner au dict art de peinture ». Mais, en 1660, on ne voit pas que le roi songe à créer une Académie de France à Rome, et il faudrait savoir si pareille faveur n’avait pas déjà été accordée à quelques jeunes artistes. Au reste, Bénigne Sarrazin était à Rome en 1664 travaillait à l’Académie en i66g (cf. Corresp. des directeurs de V Académie^ t. I, p. 23).