DERNIERS JOURS DE NICOLAS POUSSIN
donnés aux étudiants », et plus loin, à la date du 5 mai : « A Étienne Baudet, pour le voyage qu’il va faire en Italie pour étudier en l’art de sculpture, 200 1. — A Meunier et Corneille jeune, peintres, idem, 3oo 1.^ »
Nous connaissons Baudet et Jean-Baptiste Corneille. Mais qui donc était ce Meunier dont le nom se retrouve toujours écrit de la même façon dans les procès-verbaux de l’Académie depuis le 7 avril i663, jour où il obtint un prix pour une sorte de concours d’essai d’où devaient sortir les grands concours du prix de Rome? On ne peut le confondre avec Philippe Meunier, peintre d’architecture, né à Paris vers i656. Faut-il donc, comme M. Paul Cornu, dans sa table des Procès-verbaux^ en faire un peintre dont la trace disparaît aussitôt qu’il a quitté Paris pour Rome? Il suffit de rapprocher de certains autres textes les indications des procès-verbaux pourvoir que ce Meunier s’identifie en réalité avec Pierre Monier, peintre bien connu, qui ne mourut que le 29 décembre iyo3.
En effet, nous savons par les Procès-verbaux que Meunier obtint son prix pour avoir « fait le tableau représentant la Conquête de la Toison d’or »^, et nous lisons dans la biographie de Pierre Monier par Lépicié : « Dans ce temps-là, Louis XIV voulant établir une académie de peinture à Rome, on proposa des prix aux jeunes élèves pour connaître les plus habiles : M. Monier en mérita un. Le sujet de son tableau était la Conquête de la Toison par Jason^ en sorte qu’il fut du nombre des premiers pensionnaires que M. Errard, nommé directeur de cette académie,
1. J. -J. Guiffrey, Comptes des Bâtiments du roi, t. I, col. 5i et 52.