‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 92 sur 220 · LES DERNIERS JOURS DE NICOLAS POUSSIN. 20Q · texte numérisé non relu

LES DERNIERS JOURS DE NICOLAS POUSSIN. 20Q

lance que ceux-ci se trouvaient accomplis « presque sous les yeux et la direction du bon-homme ». Bonhomme, en vérité, et dans toute l’acception du terme, le vieil artiste infirme et moribond qui consacrait à enseigner et à perfectionner des méthodes aimées le peu de forces qui lui restait.

On aimerait à savoir qu’en revanche les jeunes pensionnaires du roi l’entourèrent de soins et d’affection, jetèrent un dernier rayon d’espoir sur sa vie et l’assistèrent à son lit de mort; mais nous en sommes réduits sur ce point à des conjectures, et tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’avant l’établissement officiel de l’Académie de France à Rome, il y eut des pensionnaires qui constituèrent vraiment la pépinière de l’école, que Poussin fut leur directeur d’études avec plus de conscience peut-être et d’ardeur que tel ou tel des artistes auxquels appartint plus tard ce titre de directeur. C’est sous le patronage et avec les conseils du maître que débuta l’œuvre qui se poursuit depuis deux siècles et demi, et on ne doit point séparer le nom de Poussin de celui des fondateurs de la maison. Une histoire de l’établissement qui passerait sous silence la collaboration du grand artiste serait une histoire incomplète. On ne songea pas seulement « à lui confier une sorte de direction morale et intellectuelle des artistes qu’on envoyait en Italie ; cette direction, grâce à Sébastien Bourdon et à son élève Monier, il la prit et l’exerça pour la plus grande gloire de l’actuelle Académie de France à Rome.

I. Henry Lemonnier, Uart français au temps de Richelieu et de Ma:{arin^ p. 304.

CARLO-CESARE MALVASIA

Par M. Gabriel Rouchès.

Un de ses ouvrages a surtout fait connaître Malvasia et rend, aujourd’hui encore, son nom familier aux historiens de l’art. C’est la Felsina pittrice^ dont le titre emprunte l’antique appellation de Bologne. Ce livre est un de ces recueils de vies d’artistes, comme le xviie siècle italien en vit surgir plusieurs, à Limitation de Vasari, et consacrés le plus souvent à la gloire d’une école locale. Les biographies de Malvasia sont précieuses et forment la base de toute étude de la peinture bolonaise, mais elles ne constituent pas son œuvre entière. La physionomie que nous allons essayer d’évoquer, est celle d’un savant, intéressant par son activité et sa curiosité multiples. Il n’a pas l’érudition aisée et fleurie des humanistes de la Renaissance. Il incarne plutôt le type de l’homme de cabinet tel qu’on le trouve au Seicento, à l’époque du classicisme. D’esprit un peu lourd et parfois pédant, mais en revanche solide et laborieux, avec une grande bonhomie qui rachète ses travers, Malvasia est bien un véritable fils de cette Bologne, mater studiorum^ toujours fidèle à sa devise : Bononia docet.

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