‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 97 sur 220 · I. Malvasia, Felsina pittrice (éd. de 1678), t. I, p · texte numérisé non relu

I. Malvasia, Felsina pittrice (éd. de 1678), t. I, p

CARLO-CESARE MALVASIA

chanoine espagnol de Valence, Vincenzo Vittoria, publia ses Osserva^ioni sopra il lihro délia Felsina pittrice^ où, dans un italien plus fluide que celui du savant Bolonais, il signala les erreurs accumulées par celui-ci. Le peintre Pietro Cavazzoni Zanotti releva le défi et entreprit à son tour la réfutation de Vittoria dans ses Lettere familiari scritte ad tin amico in difesa del conte Carlo Cesare Malvasia^. Cette polémique fit quelque bruit même en dehors d’Italie, puisque nous avons vu l’Académie royale de peinture s’y intéresser et donner son avis.

Pédant, lourd et sans ordre, apparenté au célèbre docteur Balordo, historien sans scrupules, voilà le jugement que nous serions maintenant tentés de porter pour conclure, mais l’étude de sa vie nous a montré que Malvasia valait mieux. C’est une figure de savant, intéressant par ses recherches diverses, sympathique par son caractère bienfaisant et empreint de bonhomie. Son livre est ennuyeux, mais est-ce bien là un obstacle pour quiconque veut faire des recherches sérieuses; il est aussi parfois mensonger, mais Malvasia a l’excuse de n’être pas le seul coupable à son époque. Il altère d’ailleurs la vérité avec une telle candeur qu’il est facile de s’en apercevoir. De plus, il ne ment pas continuellement, sauf quand c’est l’intérêt de Bologne. Ses matériaux sont bons et utiles. Lorsqu’en France on voudra rendre aux Carrache et aux Bolonais la place qu’ils méritent et se montrer simplement justes à leur égard, c’est Malvasia qui constituera la principale, presque l’unique source de leur histoire.

Page 1