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I. Archives de VArt français, t. I, p

TRAITÉS DU XVIie SIECLE

des Tuileries et fournit en même temps les dessins des nouveaux parterres. Un brevet du 20 octobre 1664, conférant à Charles Mollet le logement occupé par son père Claude II aux Tuileries, fait connaître la date approximative du décès de ce dernier.

A Claude Mollet, premier du nom, est dû Le théâtî^e des plants et jardinages^ paru en i65i, après la mort de son auteur, comme nous l’apprend le frère même de Claude, André Mollet, dans un livre publié par lui à Stockholm en i65i .

Pierre Mollet, fils aîné du premier Claude, frère d’André et de Claude II, hérita, en vertu d’un brevet du 16 janvier 1634, du logement de son père aux Tuileries, à la charge d’entretenir les palissades de grenadiers de ce jardin.

La généalogie de la famille se trouve donc ainsi établie : Jacques, père de Claude T*" qui meurt avant i65i, grand-père de Pierre, de Claude II, mort vers 1664, et d’André. Le fils de Claude II, Charles Mollet, perpétua la famille.

La plupart de ces jardiniers furent attachés aux jardins des Tuileries, du Louvre et de Versailles, et ne s’éloignèrent presque jamais. L’un d’eux toutefois fait exception. C’est le troisième fils de Claude T‘, celui qui portait le prénom d’André. D’humeur vagabonde, il ne put rester en France et passa successivement au service du roi d’Angleterre et du prince d’Orange. Dès la première moitié du xvii^ siècle, on le voit par cet exemple, les jardiniers français jouissent d’une grande réputation dans les pays étrangers. En dernier lieu, André Mollet se fixait en Suède, où la reine Christine lui conférait les fonctions de premier jardinier. C’est le poste qu’il occupait quand il

publia l’ouvrage paru en i65i, où il a consigné de précieux renseignements sur sa biographie et sur son père Claude. En tête du volume est placé le portrait, gravé par M. Lasne, de Claude Mollet^ premier jardinier du Roi. L’auteur explique que son père étant mort avant la publication de son traité, il a « désiré mettre icy son portrait en sa mémoire » L

Assurément, dans la combinaison des méandres de ses parterres, André Mollet se montre sensiblement inférieur à Jacques Boyceau; mais il part du même principe. Quatre plates-bandes garnies d’arabesques ou de broderies entourant un bassin rond, voilà la disposition presque invariable de ses jardins, avec quelques-uns de ces labyrinthes qui faisaient alors fureur. Toutefois, le grand intérêt de l’ouvrage con- ‘siste pour nous dans les détails précis qu’il donne sur la généalogie des Mollet. Claude, le premier de tous, l’ancêtre, eut donc le titre de premier jardinier des rois Henri IV et Louis XIII, et même de Louis XIV encore enfant. Ses trois fils suivirent la carrière paternelle; André alla chercher fortune à l’étranger. En i65i, lors de la publication de son livre, il prend la qualité de maître des jardins de la reine de Suède.

Est-ce ce même André Mollet que nous voyons en 1654 (12 septembre) signer une donation de tous ses biens à sa femme Marthe Aucher, de laquelle il obtient en retour la même libéralité. Dans ce contrat^, André Mollet prend le titre bien modeste de jardinier ordinaire du Roi, lui qui, quelques années auparavant, se disait fièrement « maître des jardins de

1. On trouvera plus loin la description bibliographique de cet ouvrage.

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