‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 103 sur 276 · Ms. Rawlinson, A, 188, f · texte numérisé non relu

Ms. Rawlinson, A, 188, f

avec lui. En effet, voici ce que le capitaine de Morales écrivait à Pepys, le 17 juillet 1680 :

Cependant, je ménage fort l'esprit de M. Daily afin de l'obliger de luimême à déclarer ce qu'il sait dans cette affaire : les promenades que je lui fais faire, et les repas que je lui donne souvent, l'obligent à se lier d'amitié avec moi, ce qui me fait prendre des mesures justes pour savoir tout ce qui s'est passé entre lui et ce colonel Scott, et je ne lui fais pas connaître dans quelle vue je lui procure tous ces divertissements, pendant lesquels je lui fais dire une partie de la vérité, et quand j'aurai tout su de lui, je le rendrai capable à certifier comme moi, lorsque le temps le requerra. Je n'ose pas le trop presser, car s'il savait avec quel dessein je le vois, il pourrait écrire au colonel Scott. C'est pourquoi, je le ménage comme si votre affaire me touchait, et je vous réponds que je me rendrai maître de son esprit, et que vous devez faire fonds sur ce que je vous mande1.

Peut-être Veiras se jouait-il des ruses grossières de l'agent de Pepys, et faisait-il ainsi le niais pour se faire traiter plus longtemps !

Enfin, le 29 octobre 1680, un horloger anglais du quartier Saint- Sulpice obtenait de lui que, devant deux notaires, il fît une déposition officielle et signée où il reconnaissait :

Que le dit Sr colonel Scott lui fit voir une carte marine qu'il avait faite du Canal entre la France et l'Angleterre, dans laquelle étaient marqués les ports et les rades des royaumes de France et d'Angleterre, et de plus déclare le dit Sr d'Allais qu'il a entendu dire au dit colonel Scott plusieurs choses contre le roi et le royaume d'Angleterre... ce que le dit Sr d'Allais offre d'affirmer par-devant tous juges, en tel lieu que ce puisse être2.

La pièce fut expédiée à Pepys qui remercia Veiras par une lettre qui en demandait plus encore, en faisant de belles promesses, et d'habiles compliments :

« Je jugerais bien mal de ma part, écrivait-il, de recevoir un si grand service de qui que ce fût sans le reconnaître, et par suite je prends la liberté de vous répondre que, comme mon affaire ne réclame d'autres secours que celui de la vérité, pour ce que vous m'avez communiqué d'une façon si inattendue pour m'y aider, et pour les services, en faveur de la justice, que vous voudrez bien encore me rendre à ce propos, vous n'aurez pas à vous repentir de ce que vous m'aurez accordé ».

Il terminait en demandant un rapport détaillé, en anglais, puisque Veiras « possédait cette langue aussi bien que la sienne propre 3 ».

Le 30 novembre 1680, Veiras répondait par une longue lettre où, se fondant sur son amour de la justice, et son désir de servir un honnête homme dans la peine, il accusait formellement Scott d'avoir dans

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