‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 117 sur 276 · L'HISTOIRE ÉTHIOPIQUE ET L'AMOUR MEDECIN · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE ÉTHIOPIQUE ET L'AMOUR MEDECIN

De même, Sganarelle interroge Lucinde :

Hé <|ii"i ! toujours triste et mélancolique comme cela? et tu ne veux pas me «lire ce que tu as? Allons donc, découvre-moi ton petit cœur. Là, ma pauvre mie, dis. dis, dis tes petites pensées à ton petit papa mignon !... Ne puis-je savoir d'où vient cette grande langueur? Découvre-m'en la cause, et je te promets que je ferai toutes choses. Oui, tu n'as qu'à me dire le sujet de ta tristesse : je t'assure ici et te fais serment qu'il n'y a rien que je ne fasse pour te satisfaire....

— Chariclée ayant différé sa réponse, Calasiris estime qu'en attendant « il n'y aura point de mal d'appeler quelque médecin ». Et Chariclès, en effet, « envoie quérir les plus renommés médecins qu'il a su choisir1 ».

De même, Sganarelle, après que Lisette lui a fait croire que Lucinde vient de se trouver mal, ordonne « qu'on aille quérir des médecins" ».

— Les médecins mandés par Chariclès se mettent en devoir d'examiner la malade.

Et lors Acestinus, ce savant médecin... lui prend le bras pour lui tâter le pouls.... Après qu'il l'eut par un assez long temps bien regardée, considérée et enquise 0 Chariclès, dit-il, il n'était point de besoin que vous

m'envoyssiez quérir pour venir ici : car un médecin ne saurait que faire

ni de rien servir à cette jeune fille Ce que votre fille a maintenant, c'est

bien une maladie, mais elle n'est pas de corps.... Qui est l'enfant qui ne connaîtrait que c'est une passion de l'âme et la maladie tout évidente que l'on appelle amour?3

De même, après la consultation sollicitée par Sganarelle, Clitandre, déguisé en médecin, diagnostique :

J'ai... observé ses regards, les traits de son visage et les lignes de ses deux mains et, par la science que le ciel m'a donnée, j'ai reconnu que c'était de l'esprit qu'elle était malade et que tout son mal ne venait que d'une imagination déréglée, d'un désir dépravé de vouloir être mariée \

— Lucinde sera guérie, on sait comment. Or Chariclée l'avait été de la même façon, encore que les caprices du destin lui eussent fait attendre plus longtemps le spécifique nécessaire.

L'imitation paraît certaine. Elle apparaît encore, mais plus libre, dans les propos par où Acestinus d'une part, le pseudo-médecin Clitandre de l'autre, exposent leur méthode curative.

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