‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 123 sur 276 · Par P.-M.-L.-H., Paris, Math. Guillemot, 1628, in · texte numérisé non relu

Par P.-M.-L.-H., Paris, Math. Guillemot, 1628, in

4. On se souvient que Corneille a donné dans son Avertissement (éditions de 1648-1656) un passage de VHistoire de Mariana, en espagnol, et sans juger utile de le traduire. Quant aux Romances, dont Juan de Escobar avait publié en 1612 un recueil devenu rapidement populaire dans son pays, Corneille ne les a pas ignorés puisqu'il en donne deux fragments en tête de sa pièce ; mais il croit nécessaire d'expliquer ce que sont ces « petits poèmes », « originaux décousus des anciennes histoires » des Espagnols. Je ne crois pas qu'avant Le Cid aucun écrivain français les ait cités.

5. 6 feuillets non chiffrés et 471 p. in-8. Frontispice de Léonard Gaultier reproduisant une des premières scènes (combat de deux chevaliers dans une clairière) et daté de 1619. Privilège du 16 novembre 1618. Dédicace à If. de Loménie, grand-maître des cérémonies de l'Ordre du Saint-Esprit. Portrait de l'auteur.

L'on sait. peu de chose de ce Loubayssin de la Marque. Quelques documents analysés dans la Revue de Gascogne1 nous apprennent qu'il était d'une famille honorable et nombreuse, qu'il avait un frère marié et bien établi à Salamanque, que lui-même arriva à jouir d'une certaine aisance, puisqu'il put se rendre acquéreur, sur le tard, de la terre et seigneurie de Tilladet, qu'il eut deux enfants, dont l'un, Jean-Marie de la Marque de Tilladet, devait devenir membre de l'Académie des Inscriptions. — D'une note jointe à son portrait on peut conclure qu'il était né en 1588. Ce portrait, finement gravé, nous présente de lui une image fort avenante : des traits réguliers, un front haut, de beaux yeux, une physionomie ouverte et fière. — Par la dédicace d'un de ses romans nous voyons qu'il était en 1617 gentilhomme ordinaire de Louis de Lorraine, cardinal de Guise. La faveur de ce puissant personnage lui fut utile sans doute : il est probable qu'il en tira plus d'avantages que du métier d'auteur auquel il s'était essayé vers la fm de sa jeunesse, qu'il quitta de bonne heure pour n'y plus jamais revenir. Il ne faut pas voir en lui un écrivain de profession, mais un amateur, comme il y en avait beaucoup en ce temps-là, qui a tenté la veine, sans s'obstiner. Il n'a pas consacré à la littérature plus de quatre ou cinq ans de sa vie.

Comme il savait très bien l'espagnol, ayant voyagé dans la Péninsule et séjourné longtemps à Madrid 2, il avait d'abord écrit deux livres en cette langue à l'usage des Français du beau monde, pour qui la connaissance du castillan était alors le complément nécessaire d'une bonne éducation.

Le premier, Enganos deste siglo {Tromperies de ce siècle) \ est une sorte de fiction mi-romanesque, mi-picaresque, plus romanesque encore que picaresque, qui rappelle assez la manière de F. de Rosset ou de d'Audiguier. Les lecteurs ont assez apprécié cette « histoire tissue de déguisements, tromperies, assassinats, trahison, perfidies », pour qu'on ait eu deux fois l'idée de la mettre en français, d'abord en 1618, puis en 1639 \ L'autre ouvrage, YHistoria tragicomica de D.Henrique de Castro*", ne paraît pas avoir eu la même fortune, en dépit des recommandations et des éloges poétiques en toutes sortes de langues qui en remplissent les premières pages. C'est un essai de roman historique qui commence au Chili chez les Araucans et mêle

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