Art. Berthier de la Biogr. Univers, de Michaud
3. Voir aussi, au tome XVIII de YHist. de l'Eglise gallicane, un intéressant parallèle de Luther et de Calvin (p. 294 et suiv.) ; le portrait, assez impartial, de Marguerite de Navarre (p. 44) ; un jugement équitable sur les Psaumes de Marot (p. 357)
Onsait le rôle considérable joué dans la première moitié duxvmesiècle par les Mémoires pour l'Histoire des sciences et des beaux-arts, plus communément désignés sous le nom de Journal de Trévoux. Fondé d'abord en 1701, à l'instigation des Jésuites Le Tellier et Lalleman, pour rendre compte de tout ce qui s'imprimait en Europe, le journal affirma bientôt son dessein « d'attaquer sans ménagement les ennemis déclarés de la religion et de démasquer ses ennemis cachés ' ». Imprimé à Trévoux jusqu'à la fin de 1733, il fut par la suite imprimé à Paris chez Chaubert à partir de janvier 1734. Le P. Tournemine, mort en 1739, en avait été de 1701 à 1718 l'un des principaux rédacteurs, ainsi que le P. Catrou, mort en 1737. Après le départ de Tournemine, l'emploi de secrétaire de la rédaction avait été tenu par le P. Thoubeau, bibliothécaire du collège Louis-le-Grand : le siège du comité de rédaction était fixé au collège même, « point central qui attirait l'attention des meilleurs écrivains et des personnes distinguées de tous les rangs 2 », et dont l'immense bibliothèque offrait d'inépuisables ressources. Avant l'arrivée du P. Berthier, puis, sous sa direction, l'un des collaborateurs les plus féconds du Journal de Trévoux, surtout pour les articles scientifiques, fut le P. Castel (mort en 1757), ami de Montesquieu et de Fontenelle, écrivain encyclopédique et infatigable qui fournit de la « copie » au journal pendant trente-sept ans. A côté de lui, il faudrait citer le P. Hardouin (mort en 1733), dont les articles frisaient parfois l'extravagance ; le P. Bougeant, écrivain solide et très érudit, mort en 1743 ; et, surtout à partir de 1732, le célèbre P. Brumoy, auteur du Théâtre des Grecs, qui s'acquittait avec une égale facilité de l'enseignement de la rhétorique et de celui des mathématiques. Le P. Charlevoix (mort en 1761), connu par ses voyages en Amérique (et par le profit que Chateaubriand a tiré de ses diverses publications), a été, à partir de 1722, au lendemain de son retour du Nouveau-Monde, attaché à la rédaction du journal et y est demeuré au moins jusqu'en 1744, peut-être même, selon Sommervogel 3, sous la direction du P. Berthier, jusqu'en 1755. Parmi les prédécesseurs du P. Berthier, il est juste de mentionner aussi le P. Rouillé (mort en 1740 , qui fut le véritable administrateur du journal à partir de décembre 1733.
Au moment où le P. Berthier prend la direction des Mémoires de