‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 138 sur 276 · Mars 1752, p · texte numérisé non relu

Mars 1752, p

adversaire négligeable. Mais les sarcasmes dont les uns et les autres le criblèrent ne le portèrent jamais à démentir le ton de sagesse judicieuse et de modération qui marquait toutes ses critiques.

De plus, l'austérité et la dignité de sa vie (son cabinet au collège de Louis-le-Grand était une « petite cellule, où il se tenait sans feu dans les plus grands froids1 ») ; son influence sur M. de Beaumont, archevêque de Paris, dont il avait la confiance ; l'estime en laquelle il était tenu par le Dauphin qui, après l'orage de 1762, appela le pieux journaliste en disponibilité à collaborer à l'éducation du futur Louis XVI et le fit nommer gardien de la bibliothèque du roi ; tous ces détails nous font mieux comprendre l'autorité qui s'attachait aux écrits du P. Berthier et le ressentiment que les « philosophes » n'ont cessé de lui témoigner.

Dans son article Jésuite, au tome VIII de Y Encyclopédie (paru en 1765), Diderot, — rendant hommage, d'ailleurs, en passant, au caractère de son ancien adversaire, — l'accable ensuite d'autant plus aisément que le P. Berthier est alors en exil à Offenbourg. « Leur journaliste de Trévoux, bon homme, à ce qu'on dit, mais auteur médiocre et pauvre politique, leur a fait (aux Jésuites) avec son livret bleu mille ennemis redoutables, et ne leur a pas fait un ami. »

C'est vite dit.

En réalité, les premiers coups vigoureux assénés contre l'Encyclopédie — non sans quelque résultat — venaient du P. Berthier ; et ceci, Diderot ne l'a pas oublié.

Albert Cazes.

Professeur de Première au lycée de Rouen.

1. Notice en tête des Psaumes traduits en français, par le P. Berthier (édit. revue Lyon, 1831, 9 vol. in-12). Cf. Des Sablons (Chaudon), Les grands hommes vengés, t. I, p. 46.

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