‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 148 sur 276 · Cf. Lamartine, L'Isolement · texte numérisé non relu

Cf. Lamartine, L'Isolement

Souvent sur la montagne....

Là le lac immobile étend ses eaux dormantes

Où l'étoile du soir se lève dans l'azur. . . .

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente....

Le lac que Mercier a sous les yeux est le lac de Neuchatel : cf. Mon bonnet de Nuit, III, 73 : « J'observe de ma fenêtre, d'où la vue s'étend sur le lac de Neuchatel, le vol des oiseaux de proie... »

mes plaintes ', la vue de mes maux lui devient importune 2 ; son zèle se refroidit, se «lace ; ah ! qu'ai-je à attendre des hommes? si l'être qui m'aimait ne m'écoute plus, ne m'entend plus, s'il s'éloigne, laissez-moi fuir les regards des humains ; mon cœur est fermé, la douleur y repose : cruels ! laissez mon fane à cet abandon.

J'irai au travers des rochers m'asseoir sur le sommet inhabité des monts où plane l'aigle1 ; j'entendrai à mes côtés le bruit sourd du torrent destruteur qui va ravager la plaine* : j'aime cette nature triste et sauvage; accourez, tempêtes :i ; mugissez à travers ces arbres dépouillés ; l'orage qui est dans mon sein est plus terrible que celui qui couche et déracine les arbres sur le penchant des montagnes ; le nuage de la mort s'avance ; j'entends une voix funèbre qui me crie, tu dois mourir. . . . Que les ténèbres s'amoncellent autour de moi, et que je n'aperçoive plus au feu rougeâtre des éclairs que la tombe où l'homme dort ; un sentiment pénible a pénétré dans mon âme ; l'amitié m'échappe, la consolation me fuit, tout m'abandonne ; je tends encore les bras ; hélas ! je suis seul et ne puis vivre seul6 : non loin de ma demeure est un clocher antique 7, reste d'un temple ruiné, c'est parmi ces débris que je veux reposer mon corps souffrant ; là je trouverai peut-être des objets qui me font pleurer, ces objets naguère m'ont attendri, et si je pleure je serai guéri.

Ah ! si je pouvais m'enfoncer dans quelqu'antre ignoré de ce mont Jura que j'aperçois, et qu'on ne me retrouvât plus ! Il me semble que cette espèce de mort serait paisible et que j'abandonnerais les humains comme ils veulent que je les quitte ; aucun d'eux ne compatit à mes maux ; mes maux sont

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