‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 149 sur 276 · Cf. Lamartine, L'Isolement · texte numérisé non relu

Cf. Lamartine, L'Isolement

Cependant, s'élançant de la flèche gothique, I H son religieux se répand dans les airs....

imaginaires pour leur sensibilité : quittons cette contrée où je suis étranger : dérobons-nous à la pitié stérile : non, je ne veux plus affliger l'œil de l'amitié : elle est comme les autres vertus, elle n'a qu'un degré de force et de puissance ; je croyais l'amitié plus vive et abandonnée ; mais rien de sublime n appartient à l'homme : je rassemblerai mes forces, j'irai retrouver ma patrie, les amis de mon enfance l ; là peut-être quelques larmes honoreront ma mémoire.

Adieu ! horizon lointain ! hautes montagnes ! vertes collines ! je vous regarde encore, vous subsisterez, et moi je vais tomber2, non, je n'aurai pas le temps de revoir ma patrie, les voilà ces astres paisibles que nos pères ont vus quand nous étions encore dans le néant, et que verront les générations futures quand il n'existera plus rien de nous : pourquoi ai-je poursuivi la renommée, lorsque j'étais né pour passer si rapidement sur la terre? Que me font désormais les discours du monde? La gloire la plus brillante donneraitelle la moindre suspension à mes douleurs? Il faut oublier toutes ces illusions, il faut n'arrêter des pensées que sur la mort, et me préparer au passage de ce monde à l'éternité. De tous les livres que j'ai lus, il n'y a que celui d'Young qui contienne des vérités, qui soit même consolant3 : c'est un livre lumineux puisqu'il m'entretient de la vaine figure de ce globe, et qu'il me découvre cet autre séjour où l'immortalité nous attend4 ; je veux mourir en tenant dans mes mains ce livre dont toutes les pages réfléchissent les promesses sublimes que la religion a faites aux hommes5. Embrassons cette colonne céleste, quand tout s'écroule autour de moi !

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