Mon Bonnet de Nuit, III, 93 : « Fontaine-André
2. « Larmes de Milton sur la perte de sa vue » (Mon Bonnet de Nuit, II, 74). Mercier avait traduit ce morceau dès 1764 (Cf. Béclard, p. 24-5).
3. Cf. Mon Bonnet de Nuit, I, 240 (Contre Homère traduit en français) : « Nous ne sommes pas juges des plaisirs d'autrui : mais notre Homère à nous sera Richardson, notre Théocrite, Gessner, notre Théophraste, Fielding... »
4. « Les Regrets de H'aller sur la mort de sa femme » (Mon Bonnet de Nuit, III, 192).
5. Mercier aurait couvert de notes marginales un exemplaire de Werther (Béclard, p. 423 et suiv.).
cette littérature qui se révèle : en 1789 il entreprendra un voyage en Allemagne et découvrira Les Brigands de Schiller.
Par cette curiosité de la pensée et de l'art étrangers, par ce libéralisme et ce cosmopolitisme, qui ne sont pas seulement littéraires1, par cette indépendance de jugement et de goût, Mercier a véritablement devancé sa génération. Sa personnalité et son rôle devraient tenir une place importante dans une histoire du romantisme. Et parmi toutes ses œuvres, le Bonnet de Nuit est une des plus significatives. Ce livre confus, un peu étrange, donne les indications les plus utiles sur cette intéressante période où, sous l'influence de la littérature anglaise, qui exerce son maximum d'action, et de la littérature allemande, qui commence à se répandre, des thèmes élégiaques qui n'étaient pas inconnus dans la poésie française, mais qui ne s'y trouvaient qu'indiqués, s'amplifient, s'épanouissent, prennent les caractères et le ton du lyrisme romantique.
Edm. Eggli.
Professeur à l'Université de Liverpool.
1. Cf. L'An 2UU0, chap. xxvi : « Nous accoutumerons nos enfants à regarder l'univers comme une seule et même famille, rassemblée sous l'œil du père commun. »