‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 206 sur 276 · Vers · texte numérisé non relu

Vers

Le poète français n'a pas recouru, pour donner cette liste, au dénombrement d'Apollonius de Rhodes, qui ne mentionne point Eurotos (lisez : Erytos) parmi les compagnons de Jason. Il a trouvé ce nom, qu'il reproduit en l'estropiant, dans les Argonautiques orphiques, qui lui ont fourni tous les autres, ainsi que la plupart des caractérisl i« I nés dont ils sont accompagnés : « D'abord je vis le puissant, le divin llèraklès qui naquit de l'union d'Alcmène et de Zeus fils de Kronos, alors que le brûlant soleil déroba pendant trois jours sa lumière, et qu'une longue nuit couvrit le monde. Auprès de lui était Tiphys, fils d'Agnias, qui devait diriger le navire à la forme allongée...; une longue expérience féconde" en bons conseils lui avait appris à diriger un navire à travers les vents et les rapides tempêtes. Je reconnus Castor, habile à dompter les coursiers, et Polydeukès, son frère..., et Pelée.... Puis je vis Erutos, et le bel Echiôn, que le dieu de Kyllcné, le meurtrier d'Argus qui porte une baguette d'or, engendra tous deux de sa mystérieuse union avec la nymphe Laothoé de Ménétos..., et Boutés, enfant d'Ainias, semblable à Apollon qui porte une épée d'or,... le héros de Calydon, le léger Méléagre,... Lyncéus qui seul d'entre les hommes pénétrait de son regard puissant l'étendue du ciel, les profondeurs de la mer et les abîmes de Pluton,... Télamon,... Amphion, célèbre par ses chants, et Astérios inébranlable au combat, abandonnant tous deux Pallène et le sol de la patrie1... » Les deux énumérations, on le voit, commencent exactement de même, par Héraclès, Tiphys, Castor et Polydeukès, dont Leconte de Lisle a remplacé par une périphrase le nom jugé sans doute peu harmonieux. Les autres guerriers ne sont pas, des deux côtés, mentionnés dans le même ordre, et le poète français grossit la troupe du « cavalier Nestor », emprunté à Y Iliade. Les exigences du vers ont produit ces différences, comme elles ont. amené la curieuse transformation du signalement du Boutés. Il se voit gratifié, par les soins de Pallas, du « glaive d'or » que le texte grec attribue au Dieu avec lequel il le compare :

Boûr/;; T'AlvEiiSr,;, faeXac /p-jcâopi <froi%u>-.

— Enfin Leconte de Lisle, au moment où Orphée vient à son tour de prendre la lyre, s'arrête à décrire les effets merveilleux que produit sa voix sur la nature entière :

Il va chanter, il chante! Et l'Olympe charmé S'abaisse de plaisir sur le monde enflammé !... L'étalon hennissant de volupté palpite ; De son nid tout sanglant l'aigle se précipite ;

1. Vers 116-215, passim. La traduction que je reproduis transcrit incorrectement "Epuroc par « Erutos ». Je laisse subsister cette faute qui peut, comme on le verra plus loin, expliquer la graphie « Eurotos » adoptée par Leconte de- Lisle.

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