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3. Cf. Henriette Maréchal, I. se., I et V. Pourquoi des masques, dans un « ongueulement » de Carnaval, se seraient-ils traités de « Pacificateur de la Vendée? » Je n'ai trouvé nulle part d'allusion à une plaisanterie de ce genre ; elle devait être pourtant connue... et vieille. Le nom de Clodoche (ou Dodoche), le danseur excentrique alors fameux auquel il est fait allusion à la scène IV sous le nom do Badoche, aurait-il rappelé le nom de Hoche? Ce n'est pas impossible; mais fautil chercher une explication aux plaisanteries populaires de ce genre ? Qui dira pourquoi « la bourrique à Robespierre » a, dans les faubourgs parisiens, une si fâcheuse réputation d'ivrognerie ?
4. A. Polin, Politique générale, Le théâtre et la société (La France, 17 décembre 1865).
LA CABALE l» HENRIETTE MARÉCHAL ». ■ 391
quelque i hose, je veux bien que le loup me croque1 » ; l'énigme étaitelle donc incompréhensible? Je crois au contraire que tout le monde savait à quoi s\i! tenir, mais qu'il était dangereux de paraître comprendre. Jules de Goncourt même, — craignait-il le cabinet noir? — n'osait étiire à Flaubert qu'en termes voilés et mystérieux :
• Le vraiment vrai de tout cela, c'est que nous avons le cou cassé par une très grande dame de votre connaissance, qui, à ce que dit Paris en ee moment, est jalouse du salon de la Princesse2. » C'est seulement à son Journal qu'il osait confier le nom de la grande dame : e'élaiL l'Impératrice elle-même. Ici encore, les soupçons paraissent justifiés.
Il est clair que dans toute cette polémique on veut atteindre la Princesse Mathilde plus encore que les Goncourt : « Comment, se demande La France, a-t-on admis si facilement MM. de Goncourt à venir épeler devant une assemblée d'élite leur alphabet dramatique ?
Et La Gazette de France disait plus nettement :
« Comment le théâtre qui avait commis l'imprudence de recevoir cette œuvre recommandée, lui si quinteux et si difficile pour les œuvres recommandables, comment ne les a-t-il pas mieux conseillés, corrigés, dirigés ? »
La coupable est désignée, à mots à peine couverts, et le feuilletonniste a beau dire qu'il la respecte trop pour vouloir la mêler à la querelle, il lui fait comprendre aussitôt après qu'elle abuse de son influence :
« Elle protégeait le poète, ce n'est pas à elle qu'il appartenait de juger l'œuvre qui allait être soumise à ses juges naturels, les membres du Comité de lecture du Théâtre-Français4. »
Tandis que la protectrice des Goncourt était attaquée de la sorte, les perturbateurs bénéficiaient d'une tolérance qu'on n'accordait guère aux étudiants et aux républicains. D'après Le Journal, Augier se serait étonné, le soir de la première, « de n'avoir pas vu la tranquillité faite par l'expulsion de dix ou douze personnes » ; les acteurs auraient presque soupçonné la police d'être de connivence avec les si f fleurs ; à la troisième, le commissaire aurait refusé d'intervenir, sous prétexte qu'il n'avait pas d'ordres ". Néanmoins le scandale sans précédent de la quatrième rendit obligatoire l'intervention de la force publique : une quinzaine de personnes furent expulsées. Aussitôt les journaux officieux protestent : La Gazette de France remarque aigrement que « toutes les prétendues hardiesses de la pièce ont été rem-
1. J. Richard, Chronique du jour, La Presse, 7 décembre 1865.
2. Lettres (Charpentier, 1885, in-12, p. 236). Journal des Goncourt, 11-23 décembre 1865.