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placées par des sergents de ville1 »; La France rabroue sans ménagements le commissaire :
« Ce qui nous étonne, c'est l'intervention peut-être trop prompte de la police, qui ne doit montrer son écharpe que pour empêcher et réprimer le désordre, en laissant au public la liberté de ses impressions ". a
Le jour même où l'organe officieux infligeait ce blâme aux agents de \ service, le maréchal Vaillant exigeait d'Edouard Thierry, malgré le calme relatif des dernières soirées, la suppression à' Henriette Maréchal.
Que faut-il en conclure? Que les étudiants et la police, les républicains et les ultra-bonapartistes se seraient ligués contre la nouvelle pièce? Hypothèse inadmissible ! Tout au p?us pourrait-on admettre que des provocateurs, — ils n'étaient pas rares au Quartier Latin — excitèrent des jeunes gens toujours prêts à saisir le premier prétexte venu pour manifester contre l'Empire. Quelques semaines avant la première d'Henriette Maréchal, la Pologne, puis... les arbres du Luxembourg avaient causé des manifestations à l'Ecole de Droit, d'aigres polémiques dans les journaux d'opposition : la représentation d'une œuvre patronnée par la propre cousine de l'Empereur était une occasion trop belle pour qu'on la laissât échapper. Seulement, au lieu des charges de police, des arrestations, des poursuites disciplinaires qui avaient réprimé les manifestations précédentes, l'ordre avait été donné cette fois de ne pas bouger, de tolérer sifflets, cris d'animaux, injures, tout le scandale qu'on pourrait exploiter contre le salon artiste et libéral de la rue de Courcelles. Une cabale de brasserie, œuvre de quelques bohèmes et de quelques exaltés, tolérée par ordre, encouragée sous main par le parti de l'Impératrice, en haine de la Princesse Mathilde, voilà, semble-t-il, à quoi l'on peut attribuer la chute d'une pièce qui n'aurait pas dû soulever pareille tempête.
Et pourtant cette explication n'est pas encore suffisante ; elle ne permet pas de comprendre comment l'incendie, allumé à gauche, attisé à droite, prit si vite de pareilles proportions. Les ennemis des Goncourt auraient apporté moins de passion, moins de haine, moins de fiel, s'ils n'avaient eu quelques vengeances personnelles à exercer. Pour peu qu'on lise entre les lignes, La Gazette de France va nous désigner encore un certain nombre d'autres siffleurs :
« Je refuse absolument, y déclare Frédéric Béchard, de croire à une cabale préméditée. A quel propos d'ailleurs? Les auteurs sont-ils des écrivains agressifs? Se sont-ils jamais fait des ennemis? Ont-ils jamais touché à la religion ou à la politique, blessé une croyance quelconque ou un parti3? »En réalité, chacune de ces questions perfides est posée pour réveiller quelque animosité.
« Les auteurs sont-ils des écrivains agressifs? — Les chroniques