T. II
Lanson. — Mélanges. 26
Je s flammes de son fils. Elle qui inspire l'Amour, brille parce qu'elle est amoureuse, et c'est peut-être ici l'heure où elle quitte ses voluptés furtives et le sein chéri de son amant ; vois aussi comme elle étincelle et comme elle est riante ', » Si l'élan passionné, l'enthousiasme divin, révélateurs du génie, manquent à Guarini, qui les posséda à un plus haut degré qu'Alfred de Musset? Aussi de tels rapprochements sort-il plus grand.
Si l'on admet que notre poète avait feuilleté et consulté à plusieurs reprises Y Histoire littéraire d'Italie, la genèse de Lorenzaccio, encore assez obscure, s'éclaire.
Dans la Biographie de son frère, Paul de Musset accrédite une tradition, souvent admise sans contrôle, et fondée sur des lettres que nous aurions aimé connaître. A l'en croire, c'est dans les « chronique >9 florentines », déroulées au pays « dont on se souvient comme d'un rêve », qu'Alfred aurait trouvé le « sujet d'un ouvrage dramatique en cinq actes », œuvre de prédilection de son auteur, merveille romantique d'une profondeur shakespearienne. Il aurait donc consumé en des recherches d'archives les jours passés à Florence, le poète embrasé de passion qui aurait pu dire avant Hugo :
Moi je ne veux qu'aimer, car j'ai si peu de temps.
N'est-ce pas plutôt chez Ginguené qu'il mit la main sur le canevas mélodramatique, singulièrement émouvant, qu'il allait ouvrer en maître? L'histoire de Lorenzino de Médicis se lit, avec plus d'un détail curieux, avec de précises indications bibliographiques, dans l'œuvre du savant collègue de Daunou et d'Amaury Duval. On en jugera.
« Clément VII fit décréter l'abolition de la seigneurie de Florence et la création du titre de duc de la république pour Alexandre (de Médicis) et ses descendants \
« On sait comment ce jeune insensé usa de son pouvoir et comment il le perdit avec la vie. On a voulu faire de son meurtrier un Brutus ; un grand poète tragique l'a pris pour héros d'une épopée conçue dans le même esprit que ses tragédies [Alfieri, Etruria Vendicata (Note)J et lui a donné toutes les vertus; mais les historiens le représentent autrement. (Voyez Varchi, Ammirato, Istor. Fiorent.; Jovius, Historia sui temporis ; Muratori, Annali d'Ital., an 1537.)
« Lorenzino de Médicis descendait en ligne droite de Laurent, frère de Cosme l'ancien. Tandis que la branche de Cosme s'éteignait dans les honneurs et n'avait plus aucun rejeton légitime, cette seconde branche, héritière d'une grande fortune, mais écartée des dignités