A valoir sur
3. (F0 14 v°) : « A Anthonne Vinchant pour ses despens de son voiage à Amyens pour aller quérir les quayers et autres escrips servans audit Mistere, appert par un briefvet de commandement de Messrs eschevins, signé de Wibert, payez... îx £ ».
Escarpeau, sergent à la ville de Mons » (f° 45 vn) se chargea « à l'ordonnance de Messrs esclicvins » de « reporter et rendre », « en la ville d'Amiens, par devers ceulx de la Loy1 d'icelle ville », « les quayers en papier dudit Mislere de la Passion que prestes ilz avoient à ceste ville de Mons avecque les secrès à ceste cause ».
Les « secrès », ce sont les « trucs » ou « machines » qu'exigent ces pièces à grand spectacle, qui tiennent de nos féeries modernes. Le peuple aime les miracles, fussent-ils en carton-pâte, chausse-trapes et toiles peintes, mais, pour les réaliser sur la scène, ce n'est pas seulement à Amiens qu'on emprunta, on alla implorer l'aide de ceux de Chauny en Picardie, de nouveau en dehors des domaines de la dynastie bourguignonne. Il y avait là un vrai nid de jongleurs, et les habitants de cette malheureuse ville se distinguent, de notre temps encore, comme gymnastes. Charles d'Orléans y passant, le 12 septembre 1414, avec Mgr le Dauphin, fait donner 45 s. t. à Mathieu Lestureur, bateleur, et à ses trois enfants pour leurs jeux et ébattements 2. Rabelais, trente-six ans après le texte de Mons que nous allons citer, conduit Gargantua « veoir les basteleurs, trejectaires [escamoteurs] et theriacleurs [charlatans] et consideroit leurs gestes, leurs ruses, leurs sobressaulx et beau parler, singulièrement de ceulx de Chaunys en Picardie, car ilz sont de nature grands jaseurs et beaulx bailleurs de baillivernes en matière de cinges verds [chimères] » \
Les paragraphes suivants du compte s'intercalent entre les deux textes précédents pour attester la continuité d'une tradition :
(F0 4 v°) : A Collard Gagois, messagier pour son voiage à Cliauny, atout ung cheval, par devers maistre Guillaume de Chiere et son frère, auquel avoit esté marchandét faire pluiseurs secrès et autres instrumens servans audit mistere, affin de raporter aucuns instrumens y servans et qui fait à rabattre sur 48 £. qu'ilz doivent avoir par leurdictmarchiét,ycy payez :60 s.
Il s'agit donc d'un forfait, se montant à 48 livres, conclu par ceux de Mons avec Guillaume Delechiere et son frère (Jehan), engagés comme « conducteurs de secretz » ou « fainctiers » pour faire les « feintes » du mystère et fournir quelques accessoires spéciaux dont ils auront besoin :