Cf. Histoire de la Mise en Scène, p
par une chaîne. Hourt et parcque sont aussi garnis de bancs, empruntés un peu partout ou construits pour la circonstance. Il est à présumer que ceux du parc servent aux spectateurs et ceux du hourt aux acteurs, qui se reposent en attendant de répondre à l'appel du meneur de jeu. Le hourt est couvert de terre et de gazon, ce qui explique qu'on nomme, ailleurs, l'espace libre devant le décor, équivalant au proscenium des Anciens, le champ ' ou la terre ", et ceci a favorisé l'ancienne hypothèse erronée d'une scène divisée en trois étages superposés, Paradis en haut, Terre au milieu, Enfer en dessous3 :
A Jehan d'Ath dit le Cuppre pour 3 corbilles à porter terre sur le hourt, à 2 s. pièce : 6 s.
(F0 27 r°) : A Jehan Du Quesne, pour 18 voyes de wazon [gazonl atout son cheval et benneau, à 18 d. pour chacune voye : 27 s.
Le gazon, outre qu'il évite de désagréables bruits de piétinement, qui nuiraient à l'audition, sert à dissimuler les trappes ou huideet de secrès sur le hourt, dont il est question au f° 21 v°, ainsi que les fosseries audit hourt pour les secrès (f° 10 v°).
Il serait plus difficile à imaginer, si l'on ne s'aidait cette fois de la miniature de Fouquet représentant le Mystère de sainte Appolline '*, que le hourt était dominé par des galeries. On nous parle en effet des bos (bois) dele ghallerie du parcque (f° 35 v°), ce qui ne nous étonne point, mais, plus souvent encore, des galleries du hourt (f° 1 r°) ou d'un hourt nouveau par dessus la première clôture dudit hourt (f° 28 r°) ou encore des « 26 aisselles de quesne de 14 pies de long chacune » livrées « pour les ghalleries du hault hourt ». Il est impossible d'interpréter ces articles autrement que par la construction de galeries (nous dirions aujourd'hui loges ou balcon), dominant la scène et destinées à des invités de qualité ou à des bourgeois payant une entrée plus élevée. On songe involontairement à ces marquis qui encombraient les planches au xvne siècle. Or, pour que les privilégiés aient pu jouir de leur privilège et voir tous les beaux secrets de l'Enfer et du Paradis, il est nécessaire que leurs galeries n'aient pas été dans l'alignement des décors mais qu'au contraire les barres d'appui des galeries aient fait avec ceux-ci un angle droit ou obtus, nous ramenant à la forme d'amphithéâtre polygonal que présente la miniature de Fouquet déjà invoquée. Rien n'empêche d'ailleurs que ces galeries aient occupé à peu près la place de nos avant-scènes actuelles.
1. M. Logeman, le professeur de philologie germanique de l'Université de Gand, veut bien me rappeler à ce propos le mot anglais greenroom au sens de coulisse.