Tamizey de Larroque, op. cit., p
3. Ms. 9 (anc. C. 4). Cf. Catalogue des manuscrits des départements, XIII, p. 147.
4. A la suite du titre, d'une encre plus récente, se lit la date 15G0.
Oraison à Nostre Seigneur x.
Roy tout puissant, qui basty la grandeur As du mondain et céleste edifïice, Aux poyssons l'eau, l'air aux oezeaux propice, Pour nous la terre en son ample rondeur,
Donné au jour la lumyere et splendeur,
A nous la vie et garison du vice,
Offrant ton Filz, le haultain sacrifice,
D'où source print nostre gloire et grand heur :
Mon foyble esprit, aggravé de la chair, De ton sainct feu vivifie et inspire : Si que ta voye et toy puisse chercher,
Mon cueur penser, et ma bouche te dire, Ma foy s'esprendre et de toy s'aprocher, Ma voix chanter, et ma pleume t'escripre.
Exhortation aux fidelles*.
Au joug bénin de ta loy éternelle
Nous soubmettons, rompons tous les effortz
Contrarians au catholique corps,
D'où qui se part, il est à Dieu rebelle.
En l'unyon antique universelle, Comme dans l'harche exempte de discordz, Est le salut, et qui n'en sort dehors, Croyre il se doybt orthodoxe et fidelle.
L'esprit divin viviffie et maintient
Ce corps mistique, et ses membres tempère,
Ainsi qu'une ame, et en vie le tient.
Qui doncques laysse unyon si prospère, Il est sans l'ame, et plus il ne retient Pour père Crist, ny l'Esglise pour mère.
A la Feste de Noël.
Le clair soleil de perfaicte justice Dans le cristal virginal pénétré, Ainsi qu'il est sans l'ofîencer entré, Yssu en est sans offence ne vice.
1. Var. de 1561, v. 1-2 : qui as fait la grandeur Et l'ornement du céleste édifice.
2. Var. de 1561, v. 1-2 : Au joug benin de la loy éternelle Nous soumettans. - v. 4 : il est de Dieu rebelle. — v. 11 : et en vie les tient.
L'Aigneau divin franc de toute malice, D'humayne chair vestu et accoustré, Vers l'honme vient de misères oultré, Pour l'exempter de l'infernal service.
Lyesse en ont les anges glorieux,
Voyans le monde ung si grand heur acquerre,
Et de leurs chantz font resonner les cieulx.
Or donc son cueur chascun de dueil desserre : Né de la Vi[er]ge est l'Espoux gratieux, Allyé s'est le ciel avecq la terre.
A la Feste des Roys.
Le fier tyrant de la race Ydumée Le sceptre antiq de Juda gouvernait, Et l'enfant né en la crèche prenoit . Nouveau pouvoir sur sa gent estimée,
Quand d'Orient une estoylle allumée Troys saigcs roys en Judée mennoit A l'humble roy, qui nud se contenoit Au pouvre giste avec la Vi[er]ge aymee :
Où l'adorant chascun en grand honneur Présent luy faict, le hault loue et le presche Pour roy puissant, du monde gouverneur.
Or fuyons donc Sathan qui nous allesche, Suyvons l'estoylle, et baissant nostre cueur, Trouvons conme eulx Jésus Christ à la cresche.
A la Circoncision.
Christ se monstrant fîlz du père des pères
De l'ancienne et judaïque loy,
Seullement umbre et figure de soy,
La marque en print plaine de haultz misteres,
Pour la changer en biens plus salutaires, Rempliz de grâce et libéral octroy, Muant le signe en vraye et saincte foy Par les efîectz des divins ministères.
A observer la loy s'est abaissé, Mais de la loy autheur et de la grâce, Prennant le signe, aux siens ne l'a laissé.
Par le présent la promesse il dechasse,
Le corps son umbre [emble] et a surpassé ',
Le don nouveau la loy antique efface.
A la Transfiguration.
Christ consolant? des siens l'infirmité, Troys en esleut de plus fidelle office, Et leur donnant des haultz secretz notice, Vers son amour a leur cueur incité,
Affin qu'au temps qu'en la saincte cité Il offrirait de soy le sacriffice, Leur foyble esprit fût rendu plus propice A souffrir trouble et dure adversité.
Comme ung soleil sa face estoit luysante : Helye y est et le législateur, Monstrant la foy en gloyre triumphante.
La voix du ciel le dict Filz du Facteur.
O foy heureuse, o voix resjoyssante
Qui à l'esprit faict veoir son rédempteur !
Aux Rameaulx.
Le pur Aigneau, l'innocente victime, Le sainct de Dieu divinement predict Humble et vailhant au combat se rendit, Ny pour la mort sa force il ne reprime,
Et comme estant des combattans le prime Qui le vainqueur du monde confondit, Pour triumpher, le vaincre n'attendit Dessus Sathan et l'infernal abisme.
Bien se pouvoit du triumphe asseurer Qui assuré estoit de la victoire, Dont ja se veoid de palmes honnorer,
Pour en tout temps à tous rendre notoire
Que Dieu vainqueur est venu endurer
Non point pour luy, mais pour nostre heur et gloire.
1. Le ms. porte : Le corps son umbre et a surpasse. Je rétablis omble par
conjecture.
A la Feste du corps de Nostre Seigneur.
L'éternel Verbe, unique geniture Du Père hault, en la Vierge ayant pris Mortelle forme, et en elle compris Les accidentz de l'humaine nature,
Voulant saulver sa semblance et facture Avec son sang, il a aux siens appris Par vive foy confirmer leurs espritz, Prennant son corps en sa substance pure,
Afiin qu'estant séparé de noz yeulx,
Par sacrement il nous monstre et convye
De nous unir à son corps glorieux,
Et qu'eslevant nostre ame à luy ravye, Vivans en terre, habitons dans les cieulx : Qui prent son corps, il prent pasture et vie.
A la Passion.
Tous les croyans et fidelles esprits *, Fichez en l'arbre où l'autheur de nature Pend pour d'enfer affranchir sa facture, Sont de pitié profundement espris,
Voyans le juste et le souverain pris Seul suffizant de nostre forfaicture, Transy de mort infâme, estrange et dure, Parmy larrons pour coulpable repris.
Son chefz, son corps de tous maulx empesché, Ses piedz, ses mains, son cousté nous convye D'avoir le cueur à sa croix attaché.
Or soit nostre ame en aise et deuil ravye, En deuil voyant le malheur du péché, En ayse ayant par ceste mort la vie
A la Feste de Pasques.
Le divin pris de nostre saulvement
Ayant en croix nostre debte effacée,
Et la ruyne en l'arbre dechassée
De l'arbre à l'homme acquise antiquement,