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2. Brunet, Manuel du libraire ; Blanchemain, Œuvres de Ronsard, t. VIII, p. 76 ; E. Picot, Cat. Rothschild, I, 472 ; Em. Paul et Guillemin, Cat. du baron de Ruble, n° 189 ; Cat. Herpin, n° 107, etc.
3. Blanchemain en avait signalé la présence seulement à la fin de la 2e édition des Odes, 1553 (t. VIII, p. 78 et 144) ; il avait même daté d'abord de 1560 la Fantaisie (t. VI, p. 332). Marty-Laveaux se contente de renvoyer à Blanchemain pour la date du sonnet et donne la Fantaisie comme publiée pour la première fois dans le Rocage de 1554 (Œuvres de Ronsard, t. VI, p. 358 et 360). J'ai eu moi-même le tort de m'en rapporter à Blanchemain et de ranger les deux pièces à l'année 1553 dans mon Tableau chronologique des Œuvres de Ronsard (2e édit., Hachette, 1911).
mis 77-80 rappellent la fin de la canzone Quando il soave. L'idée même de cette pièce, où le poète feint qu'il s'est vu en songe devenir successivement nuée, rocher, fontaine, cygne, fleur, ombre et navire, peut avoir été suggérée à Ronsard par la canzone Standomi un giorno, que Clément Marot avait traduite sous le titre de Visions de Pétrarque*. Quant au Sonnet à elle mesme, il suffira de le transcrire ici, au-dessous du modèle, pour qu'on se rende compte que, sauf le tercet final, il est imité de ce sonnet de Pétrarque :
Oncle toise Amor l'oro e di quai vena,
Per far due treccie bionde? e 'n quali spine
Colse le rose, e 'n quai piaggia le brine
Tenere e fresche, e diè lor polso e lena? Onde le perle in ch' ei frange ed afîrena
Dolci parole oneste e pellegrine?
Onde tante bellezze e si divine
Di quella fronte più che '1 ciel serena? Da quali angeli mosse e di quai spera
Quel céleste cantar che mi disface
Si che m'avanza ornai da disfar poco? Di quai sol nacque l'aima luce altéra
Di que' begli occhi ond' io ho guerra e pace,
Che mi cuoeono '1 cor in ghiaccio e 'n foco 2.
Où print Amour ceste grandeur de gloire,
Dont vostre face heureuse il honora?
De quelle mine estoit l'or qui dora
Voz blondz cheveuz, que l'or mesme on doit croire? En quel jardin print-il la rose, voire
Le liz duquel vostre teint colora,
Ou le coral duquel il décora
Les blancs sommets de voz coutauz d'ivoire? Et de quel astre embla il la lumière
De voz beaux yeux, qui vous font la première
En majesté, et en douceur d'audace?
Amour vous ayme, et le ciel vous honore-,
Moy avec eux j'idolâtre et adore
Le saint protrait de vostre belle face 3.
Ronsard a laissé à l'italien ce qui était intraduisible, ou l'a remplacé par des équivalents. Il a substitué le lis aux « gelées blanches de la colline » et s'est gardé de leur donner «un pouls et une haleine»; il a sacrifié « les perles où l'amour brise et retient les douces paroles honnêtes et précieuses », mais en récompense il a mêlé sur les épaules de « sa dame » le corail et l'ivoire ; il a sacrifié « le chant céleste qui déconfit rainant au point de le réduire presque à néant » ; enfin, plus discret ici qu'en d'autres pièces de ses Amours, il n'a pas retenu