‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 96 sur 276 · Le Clerc, Bibliothèque choisie, 1712, t. XXV, p · texte numérisé non relu

Le Clerc, Bibliothèque choisie, 1712, t. XXV, p

lui, inscrivait sur la page de titre : Donum Dom. Veiras1. D'ailleurs le capitaine Siden n'est point de famille noble ; ses parents, comme ceux de Veiras, le destinent à la robe ; c'est dire qu'ils voient là un moyen d'élever sa condition. Et de Sevaris, qu'il peint d'un rang distingué, voici ce que Veiras nous dit : « Sa famille s'était conservée avec éclat pendant toutes les guerres, malgré les persécutions des Tartares, jusqu'au temps de cet Alestan (père de Sevaris), qu'elle perdit beaucoup de son ancienne splendeur par la malice des puissants ennemis que l'envie lui avait suscités2 ». On croit bien reconnaître ici l'aveu d'une extraction médiocre, qui se cache derrière de hautaines, et lointaines, prétentions à une plus noble origine. Veiras devait visà-vis de ses relations, se donner lui-même pour une sorte de Sevaris, né d'une famille glorieuse mais abaissée par de tristes et injustes circonstances.

Ce qui paraît assuré, c'et que cette famille était protestante. Le correspondant de Thomasius est formel sur ce point : « Ce d'Alais, dit-il, était de la religion réformée, et ses parents avaient été opprimés comme d'autres. » Il signale ensuite à plusieurs reprises que sa religion lui interdisait toute charge et tout avancement. De même nous savons que Sevaris était « né Parsi », au milieu de Mahométans, et « qu'il fut élevé dès sa plus tendre jeunesse dans la religion de ses pères3 ».

Naissance et jeunesse. — S'il s'agit de fixer la date de sa naissance, les incertitudes commencent. Nous verrons que, selon toute vraisemblance, il eut vingt et un ans, avant le temps du traité des Pyrénées (1659), ce qui empêcherait de situer sa naissance au delà de 1638 ; d'autre part, il semble qu'il ne devait avoir guère plus de trente ans, en 1665. C'est donc entre 1635 et 1638 que je suppose qu'il est né : mais il m'a été impossible de vérifier cette hypothèse sur des pièces authentiques : les registres de baptêmes, tenus par les pasteurs protestants d'Alais, ont bien existé autrefois aux archives municipales de cette ville ; mais si de vieux employés se souviennent d'en avoir vu autrefois la collection complète, des visiteurs indélicats l'ont sans doute dépareillée : les volumes relatifs aux années comprises entre 1618 et 1677 font aujourd'hui défaut.

A l'enfance de Veiras il nous est peut-être permis de rapporter

1. Ce livre est à la bibliothèque municipale de Nantes, sous la cote 33 705. .Ir note que ces deux contemporains orthographient ainsi le nom Veiras. Le Moreri, à l'article Sevarambes, dit Denys Vairas. M. Lanson écrivait Vairasse, d'après l'anagramme du nom de Sevarias. Mais Sevarias n'est pas le nom véritable du héros éponyme des Sevaram bes qui s'appelle exactement Sevaris Ambarces , fils d'Alestan. Enfin, j'indique pour mémoire qu'à Alais, où le souvenir du personnage s'est conservé, puisqu'une rue de la ville porte son nom, on orthographio son nom V< yrasse.

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