‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 97 sur 276 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

ce qu'il a dit de la jeunesse de Sevaris. Il nous suffira de réduire ce qu'il y a d'excessif dans l'éloge, et qui justement nous fait ici soupçonner l'autobiographie :

Pendant les six premières années de son âge, Sevaris fut élevé parmi les

femmes du palais de son père Mais Alestan (son père) qui était un homme

d'esprit, et très habile dans l'astronomie et dans toutes les sciences reçues parmi les Parsis, ayant remarqué dans cet enfant tous les caractères d'un

naturel extraordinaire... résolut de cultiver son esprit Outre la douceur

naturelle et l'inclination honnête qui paraissaient dans ce jeune prince, il vit bientôt briller en lui un esprit vif, pénétrant et judicieux, accompagné d'une mémoire très heureuse, ce qui se rencontre rarement dans une même personne.... A l'âge de seize ans, Sevaris savait parfaitement la langue italienne, entendait assez bien la latine et la grecque, et avait lu dans toutes ces langues les auteurs qui pouvaient le plus contribuer à polir son esprit et le confirmer dans l'amour de la justice et de la sagesse *.

Retenons que Veiras devait être un enfant bien doué, fils d'un père instruit, ce qui n'était pas rare dans ce milieu protestant. 2 Mais vers l'âge de seize ans, la vie du jeune homme que ses parents destinaient à la robe, se modifia brusquement. Peut-être ici encore faut-il voir dans la vie de Sevaris, une allusion romancée à cet épisode de la jeunesse de Veiras? Alestan « qui n'était considérable que dans une religion persécutée », àla suite d'une rixe avec un seigneur voisin accompagné de ses amis, « tous mahométans », et « puissants à la cour du Sophi et dans le pays même », s'exile et fait voyager son fils : peutêtre à la suite d'une querelle avec quelque voisin catholique, le père de Veiras a-t-il éloigné celui-ci, tout en s'éloignant momentanément lui-même. En tout cas, vers seize ans, nous trouvons notre jeune homme dans les armées de Piémont. Ici, le récit du biographe anonyme et les aventures de Siden s'accordent et se complètent : « Dans sa seizième année, dit le mémoire imprimé par Thomasius, il était allé dans les troupes du Roy, alors en guerre dans le Piémont ». Et Veiras précise ainsi ce qu'il advint de Siden :

A peine étais-je dans ma quinzième année que je fus à l'armée en Italie, revêtu d'un emploi qui m'y retint près de deux ans, avant que je pusse retourner dans mon pays, où je ne fus pas plus tôt arrivé que je me vis obligé de marcher en Catalogne, avec un commandement plus considérable que celui que j'avais auparavant. J'y fis la guerre pendant trois ans 3.

Ces indications ne nous donnent pas de dates précises : pendant la minorité de Louis XIV, il y a eu presque chaque année des cam-

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