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PANÉGYRIQUE DE LA PROPAGATION DE LA FOI

en religion, que des vues bornées et des affections locales, vous, ouvrez votre cœur aux amours catholiques. Il y a quelque chose de plus sacré que notre clocher, c'est notre patrie spirituelle ; de plus vénérable que notre église de village, c'est l'Église universelle.

Monseigneur, je suis deux fois heureux d'annoncer cette vérité dans une assemblée présidée par votre bienveillante autorité. Vous avez été le soldat de la Propagation de la foi avant d'en être le protecteur, votre avènement à l'épiscopat fut un départ généreux pour les missions étrangères plutôt qu'une élévation séduisante ; et, quelles que soient les saintes pages de votre épiscopat à Toulouse, j'éprouve une sorte de jalousie en pensant que vous êtes moins grand dans les splendeurs de votre métropole que vous ne l'étiez dans les villages de Bourbon, catéchisant des nègres, baptisant des adultes, et balbutiant des langues que votre mère .ne vous avait point enseignées. Pour répondre, selon la mesure de notre cœur et de nos obligations, aux vœux d'un patronage si digne de notre imitation, mes frères, faisons de cette réunion la plus fructueuse que rCEuvre ait eue encore dans notre cité. Imaginez que Pauline Jaricot, la première dame de charité de ce siècle, va parcourir vos rangs pour vous implorer, au nom de tous les peuples assis à l'ombre de la mort. Voulez-vous savoir les miracles que produira cette pièce d'argent en passant de vos mains à celles de la Propagation de la foi ? Voyez ce vieillard de la Polynésie qui a trop longtemps vécu, au gré de sa famille : sans votre assistance, demain peutêtre ses cruels enfants le mettront à mort, sous prétexte de le délivrer des infirmités de l'âge. Voyez ce prêtre octogénaire qui couche sur la paille d'une cabane pendant la nuit et qui porte des haillons pendant le jour : c'est le pontife d'une grande Église, qui, depuis dix ans qu'il est sacré, n'a pu acheter un bâton pastoral, et qui n'a que son cœur et sa bénédiction pour se faire reconnaître de son troupeau. ((Combien de fois», disait avec larmes un vicaire apostolique près d'expirer, (c cinquante francs m'auraient suffi pour faire baptiser plusieurs centaines d'enfants et pour établir un catéchisme ! Je ne les avais pas. » Quand on entend ces choses, et quand on a de la fortune, on est bien coupable si on n'est pas

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généreux ! Et vous qui avez tant d'or pour vos ameublements, pour vos parures, pour vos fantaisies, peut-être pour vos vices, vous ne ferez point la part d'une telle charité ? 0 femmes mondaines, vous préféreriez acheter des joyaux que des âmes ? Ce n'est cependant pas un don que je vous demande, c'est un prêt à gros intérêts.

Heureuses celles qui, enrôlant leurs époux, leurs enfants, leurs serviteurs, dans cet apostolat, mettent ainsi tous ceux qui leur sont chers en communion de biens avec les saints et les martyrs! L'histoire rapporte que, lorsque nos ancêtres entendaient raconter, dans les catacombes, la mort de leurs frères au milieu du cirque, ils sortaient avec transport, et ils allaient crier sur les places publiques de Rome : a Moi aussi, je suis chrétien ! » ISous aussi, ô mon Dieu ! en venant d'entendre le récit de tant d'héroïsmes, nous rougissons de notre lâcheté, et nous répondons à l'égoïsme et à la paresse, à l'orgueil et à l'indifférence, à tous les découragements et à toutes les séductions qui pourraient nous détourner : Je suis chrétien. Faitesnous la grâce de comprendre que notre foi, comme notre baptême, est à la fois une obligation et un don : Pondus bapiismi ^ ; et que la foi qui ne se transmet pas, ainsi que la fortune qui ne fait pas l'aumône, ainsi que la paternité volontairement stérile, a tout à craindre de vos jugements. Puisse la nôtre se reproduire et fructifier dans votre Église militante, de manière à mériter les palmes de votre Paradis ! Amen.

^ Tertallien.

LA

PRÊCHÉ

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