‹ Mélanges oratoiresChapitre 47 sur 67 · L\ PAROLE DE DIEU · texte numérisé non relu

L\ PAROLE DE DIEU

role ; par cette parole Di<3u lui-même engendré dans vos âmes, d'après la loi qui fait le fruit de la même nature que son germe : Semen est verhum Dei, Deus erat verhum : tel est le mystère ineffable de notre intimité devant cet autel. Après vous avoir exhibé de pareilles lettres de créance, pourquoi d'autres précautions ? Il ne s'agit point de vous donner des séances à effet, ni de fournir un thème captivant à la chronique de vos salons, ni de vous galvaniser soit par les émotions d'un christianisme théâtral, soit par les surprises d'un art raffiné : faites-nous donc grâce des excuses oratoires ! Nous sommes ici comme le prêtre porteur de la divine Eucharistie, devant lequel tout le monde s'incline, et qui ne s'incline devant personne : à la prédication comme à la messe, devant la chaire comme devant l'autel, les respects et les craintes viennent d'en bas, d'en haut doivent tomber la vérité et l'amour.

Nous allons approfondir cette vérité fondamentale ; Deus erat verhum; et, puisque l'Eucharistie et la parole sont deux mystères jumeaux, puisqu'une prédication et une consécration nulles sont deux malheurs ressemblants, que la piété des Pères et de Bossuet n'a pas hésité à comparer, nous méditerons deux miracles opposés qui s'opèrent à cette occasion :

1° Gomment la parole de l'homme est changée par Jésus en celle de Dieu ; 2° comment la parole de Dieu est changée par vous en celle de l'homme.

Demandons à Celle qui fut pendant trente ans la gardienne du Verbe divin ici-bas, de nous enseigner la sainte hospitalité qui lui est due au fond des cœurs. Ave, Maria.

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