PREMIERE PARTIE
Comment l'Église fut-elle mise au-dessus de l'erreur par l'infaillibilité ? C'est une économie dont la source remonte très haut et dont voici la généalogie divine : Au commencement était le Verbe y elle Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ^ Mais les siècles du temps étant venus, un jour le Yerbe descend des sommets de l'éternité pour s'avancer à pas de géant vers la terre : Exultavil nt gigas ad currendam viam, a summo cœlo egressio ejus -. Quelle sera la demeure digne de le recevoir? Il descend une première fois dans le sein de Marie, pour apparaître à la Judée dans la vérité de sa chair ; ensuite il iixe sa résidence au sein de l'Église, pour être manifesté dans la vérité de sa parole aux yeux de tous les hommes. On dit que saint Bernard entrevit en extase, dans la mesure possible au regard humain, l'union hypostatique du Christ avec notre nature : qui me donnera de révéler aujourd'hui les noces célébrées entre Dieu et l'humanité, dans cette seconde incarnation du Verbe ici-bas qui est l'Église ?
Avant que le Verbe se fît homme dans les entrailles d'une pure créature, l'ange dit à Marie : La vertu de V Esprit-Saint vous couvrira de son ombre ^. Quand le Verbe se fait vérité, s'incarne à l'état de parole infaillible dans la société catholique, c'est par suite de celte fécondation divine : La vertu du Saint-Esprit résidera en vous *. Donc l'Église, comme Marie, conçoit la vérité par l'opération du Saint-Esprit, avec celte différence que Marie n'a enfanté
iJoan., I, 1.
2 Ps. svin, 6, 7.
3 Luc, I, 35.
*Act., I, 8.
le Verbe de Dieu qu'une fois, tandis que l'Église le produit à tout instant de la durée. Et cette production, cette génération incessante du Verbe par l'action de la troisième personne dans les entrailles de sa chaste épouse en terre, c'est là le foyer intarissable de l'infaillibilité. Lumière indispensable au monde, si j'en crois la belle théologie de saint Cypricn ; car il affirme que Dieu a établi l'Église pour être la dépositaire, l'organe et l'interprète des vérités révélées : trois fonctions qui nécessitent en elle une triple infaillibilité, sous peine de mettre les générations humaines à la merci de toutes les aberrations : l'inlaillibilité comme dépositaire pour bien conserver la révélation, l'infaillibilité comme organe pour la bien annoncer, et l'infaillibilité comme interprète pour la bien expliquer.
L'homme ayant un besoin infini de la vérité, Dieu en devait établir le dépôt quelque part ; et cette vérité ne pouvant rester douteuse sans faire à l'homme plus de mal que de bien. Dieu devait la mettre sous la garde de l'infaillibilité ; et l'infaillibilité ne pouvant subsister sans une expression sensible qui la manifestât au dehors, Dieu devait créer l'Église pour ce noble ministère. D'ailleurs, l'Église, c'est la société des âmes, ce sont les États de la vérité sur la terre. Or, de même que, dans les États ordinaires, il y a un pouvoir qui juge en dernier ressort et qui n'est pas jugé, il faut, au royaume des esprits, un tribunal suprême dont les sentences soient sans appel. Seulement, ce qui s'appelle, dans l'ordre civil, la souveraineté, dans l'ordre religieux doit être l'infaillibilité.
Est-ce que c'est là le contraire des idées rationnelles ? est-ce que ce n'est pas plutôt leur complète réalisation ? Oui, une autorité doctrinale divinement instituée, dit Malebranche, ne se conçoit pas sans l'infaillibilité. Il ne suffit pas, il est vrai, qu'une autorité se croie infaillible pour être divine ; mais elle n'est pas divine si elle ne se croit pas infaillible. Imaginez un chef de religion qui reconnaît pouvoir tromper, et qui vous damne si vous ne faites pas acte de foi en lui : c'est à la fois inepte et barbare. Aussi, penseurs insurgés contre le catholicisme, ne lui reprochez pas de vous mettre à une épreuve exceptionnelle. L'infaillibilité est l'attribut nécessaire de toute autorité qui parle au nom de Dieu, et la re-
ligion qui n'y prétend pas n'obtiendra jamais la créance des autres, car elle ne croit pas divinement en elle-même.
Plusieurs genres d'infaillibilité sont nécessaires à l'Église véritable, et la première est l'infaillibilité de la conservation. La fonction de l'Église par rapport à la révélation, en effet, est celle de la Providence par rapport à la création, une œuvre de conservation incessante. Jésus-Christ n'a fait que paraître ici-bas : que pourront retirer de son enseignement ceux qui ne furent ni ses compatriotes ni ses contemporains, s'il ne s'est point déposé dans une institution qui fasse chaîne de lui à tous les siècles, et qui soit comme une extension immortelle de lui-même, dans laquelle il sera à jamais contemplé et entendu ?
Cela posé, rappelez- vous que sa révélation est confiée d'abord à la tradition orale, antérieurement et préférablement à celle des livres ; que la constitution de son Église doit donc subsister indépendamment de toute écriture ; que les ouvrages du Nouveau Testament, quoique inspirés, sont subordonnés au jugement d'un magistère préexistant; que l'univers était converti, la hiérarchie formée, le culte réglementé avant la composition des Épîtres et des Évangiles ; enfin, que l'Église pourrait, à la rigueur, fonctionner sans ces ouvrages, malgré leur utilité immense, tandis qu'elle n'est pas même concevable, abstraction faite de son corps enseignant : rappelez- vous, dis-je, ces vérités élémentaires, et plus que jamais elle vous paraîtra nécessaire l'infaillibilité préposée à la garde du dépôt sacré.
Ne savez-vous pas la mobilité des souvenirs et des paroles qui ne sont point sans cesse miraculeusement rectifiées ? Confiez une vérité ou un simple fait aux hommes par transmission orale le matin, le soir il y en aura quatre éditions entièrement différentes. Personne, peut-être, n'aura voulu sciemment commettre l'altération ; en réalité, tout le monde y aura contribué. De cette sorte, comme les pierres s'usent en roulant sur les pentes, l'histoire est bientôt dénaturée dans le parcours de sa circulation verbale : aussi, supposé que la révélation eût été jetée aux oreilles du monde sans une infaillibilité préservatrice pour la protéger, il ne nous resterait plus rien aujourd'hui des confidences de Dieu que des souvenirs confus ou mutilés.
Mais, assistée de cette inl'ailliljilité, la mémoire de l'Église n'est sujette ni à la corruption ni à l'oubli. Novateurs qui falsifiez les doctrines, ne comptez pas sur des complicités ou des inadvertances de sa part. Rien de ce qui fut déposé dans ses trésors n'est perdu, rien de ce qu'ils conservent n'est altéré. Cette mémoire est la plus vaste et la plus sûre après celle de Dieu, ou plutôt elle est celle de Dieu lui-même : d'où il suit qu'en commettant son œuvre à la garde de sa parole, .Jésus-Christ devait commettre sa parole elle-même à un collège enseignant, chargé de la porter dans toute son intégrité à travers les siècles, et de la remettre, telle que l'a produite l'ÉgUse fécondée par l 'Esprit-Saint, du temps à l'éternité.
0 Église de mon Dieu ! ô arche de la nouvelle alliance, où reposent les tables de la loi ! vos profondeurs sont inviolables : car jamais aucun tyran ni aucun faussaire n'y pénétrera avec effraction, pour y torturer ou modifier la pensée du Christ ; et, s'il est loisible à l'impiété ou au césarisme de mentir au monde, jamais ils ne parviendront à corrompre votre infaillibilité, pour faire un mensonge de la parole de Dieu .
Si l'Église a besoin de l'infaillibilité comme dépositaire, elle ne peut s'en passer davantage comme organe des vérités révélées. Il ne lui suffit pas, en effet, de les garder intactes ; elle doit les éditer sans incorrection : elle ne les possède pas comme certains collèges sacerdotaux de l'antiquité tenaient la science, pour en faire un mystère ; elle a mission de les promulguer ; et, casuiste des peuples qui désirent s'orienter à sa lumière, elle n'a pas le droit de la leur refuser.
A tout instant de la durée, il faut donc que l'Église parle, décrète, prononce, commande, et qu'elle le fasse avec l'autorité de l'inerrance ; car une Église sans infaillibilité, c'est un monde sans soleil, c'est-à-dire, le chaos : aussi la raison a beau se mutiner contre ce dogme, elle en a mille fois plus de besoin que de frayeur.
Organisateurs empiriques de l'avenir, qui, sous prétexte de le perfectionner, y supprimez l'infaillibihté, réfléchissez bien : c'est l'imprévoyance de l'insensé qui, pour faire l'ordre dans une ville, commence par éteindre les lumières. L'infaillibilité est une boussole indispensable aux passagers de la divine nacelle, pour leur
marquer toutes les latitudes au ciel des doctrines, et tous les écueils cachés sous les vastes mers du monde intellectuel. Qui pourrait dire par combien de convenances et de nécessités elle s'impose?
L'humanité qui adore Jésus-Christ, désire entendre continuellement sa voix : Jésus, ne s'étant entretenu de bouche à bouche qu'avec un petit nombre, doit donc s'être universalisé dans un corps toujours enseignant, pour qu'aucun membre de sa fam.ille ne soit privé de ses communications. L'humanité désire entendre des affirmations qui soient l'expression d'un grand nombre d'adhésions : car, dans un siècle où les opinions se divisent à l'infini, l'esprit est soulagé par des actes de foi qui résument un concert de deux cent millions de suffrages. L'humanité désire suivre le symbole religieux d'une collectivité plutôt que d'un seul individu : car, étant nés sociables dans l'ordre de la religion comme dans ses autres rapports, il faut que la religion soit socialement organisée pour répondre aux aspirations de notre sociabilité. L'humanité désire marcher sous la conduite du génie et de la vertu ; et où y a-t-il une autorité qui se compose de plus de lumières et de moralité que celle dont nous faisons l'apologie ? L'humanité est lasse des incertitudes et des éclipses de sa propre pensée ; elle appelle un organe indéfectible du vrai, pour la diriger dans ses tâtonnements. Enfin, l'humanité se compose d'esprit et de matière : elle a besoin d'une doctrine qui prenne un corps visible pour se manifester d'une manière certaine et affranchie des mirages de l'illuminisme. Or, toutes ces garanties sont contenues, toutes ces aspirations sont satisfaites, tout ce plan est réalisé dans une institution surhumaine : prosternez-vous devant l'infaillibilité de l'Église.
Et ne me dites pas qu'il est contraire à la raison d'accepter les oracles sans raisonner. Y a-t-il rien de plus conforme à la raison, de plus favorable au repos des esprits, qu'un enseignement maternel ? Voilà pourquoi l'Église, qui est mère, afïirme et ne démontre pas. Les docteurs dissertent, les maîtres argumentent ; une mère dit : Cela est, ou cela n'est pas : Est, est; non, non; et son autorité surpasse toutes les autres. Que les écoles fassent de la controverse, l'infaillibilité fait et suggère des actes de foi. Que les hommes forment des convictions avec des raisonnements, puisque leur vérité
a besoin d'être certifiée par des preuves : Dieu se fait croire sur parole, parce qu'aucune preuve n'éf^ale cette parole elle-même.
Ne m'objectez pas davantage que l'infaillibilité communique aux intelligences l'enthousiasme plutôt que la certitude. Sans doute, on l'a dit, ce n'est pas là le témoignage de l'évidence ; mais qu'importe, si c'est l'évidence d'un témoignage divin ? Eh ! quelle autorité obtient ici-bas de plus fermes adhésions que l'Église ? On la croit plus que le génie, on la croit plus que la science, on la croit plus que les religions nationales ; on la croit plus que les hérésies, plus que les raisons d'État, plus que la force du sabre, plus que soi-même ; et tandis qu'aucun libre penseur n'est capable de mourir pour sa négation, qu'une tyrannie quelconque retranchât un iota de notre affirmation, nous sommes des millions d'enfants prêts à gravir les échafauds pour lever notre main et baisser notre tête, en disant à la parole de notre ^lère : Je crois !
Enfin, n'accusez pas Tinfaillibilité de prolonger l'obscurantisme du moyen âge : elle est le seul phare qui brille dans la nuit que les saturnales de la science et de la politique athéiste ont déchaînée sur nous. Supprimez cette autorité, les anarchies intellectuelles changent, mais l'anarchie ne change pas : tantôt ce sont des Églises schismatiques, dans lesquelles Tinfaillibilité est remplacée par des caprices de czar ou de Grand Turc ; tantôt ce sont des Églises hérétiques, dans lesquelles l'infaillibilité fait place à des milliers de sectes qui n'ont plus de nom à force d'en avoir trop ; tantôt ce sont des conventicules philosophiques, dans lesquels chacun s'affranchit de l'infaillibilité divine, pour se prosterner devant la sienne propre. Ah ! pour se soumettre aux ombres de cette croyance, rien de mieux que de sonder le chaos qui règne partout où elle ne règne
pas. .» . .
Et néanmoins, je ne suis pas étonné si la vraie Église seule a osé afficher la prétention d'une telle prérogative. C'est que, lorsqu'on se déclare infaillible, il faut l'être, ou devenir la risée de l'univers. Aussi, quand je me rappelle que le catholicisme a subi cette épreuve par-devant dix-huit siècles, ravis de son indéfectibilité doctrinale, je goûte profondément les félicités de cette profession de foi qui m'arrive du fond de nos âges héroïques : « Je me nomme « chrétien, je me surnomme catholique » : Christianus nominor, catliolicus cocjnominor.
Enfin, l'infaillibilité est nécessaire à l'Église comme interprète de la révélation : ce qui indique qu'il ne s'agit plus ni du dépôt oralement transmis à garder, ni des oracles de l'organe divin à annoncer, mais des Écritures inspirées à expliquer.
Sans doute, réduire toute l'économie de l'Église à un simple têteà-tête entre la Bible et son lecteur, c'est une simplification de rouages, mais c'est un amoncellement de difficultés. Imaginez un insensé niant la raison d'être des tribunaux, sous prétexte qu'il suffit du Code civil pour résoudre toutes les difficultés de la jurisprudence : c'est exactement la folie du sectaire invoquant comme règle suprême de la foi un livre qui peut tout dire à ceux qui le lisent, et qui ne dit rien à ceux qui ne savent pas lire. Il faut donc opter entre l'infaillibilité d'un magistère divin et celle de tout le monde, entre celle du sénat le plus auguste de la terre et celle du moi, personnifié souvent dans un libertin ou dans un idiot.
Ah ! vous méprisez l'autorité de l'infaillibilité catholique ? eh bien ! voici les conséquences que vous devez accepter : comme il n'y a pas deux hommes qui soient absolument d'accord sur le sens de la Bible, s'il n'existe pas un truchement incorruptible pour l'interpréter, que vous restera-t-il du texte sacré ? Autant de révélations que d'interprètes, autant de clochers que de têtes, partant une Eglise réduite en poudre, en attendant que les atomes de cette pulvérisation doctrinale se perdent dans la dissolution, et cette dissolution elle-même dans le nihilisme de la foi chrétienne : résultante inévitable de cette masse d'individualités intellectuelles pullulant, se heurtant et se repoussant par tous les points, excepté par ce principe de leurs divergences, la liberté illimitée de division.
Vous ne voulez pas de l'infaillibilité catholique? eh bien ! voici les inconséquences que vous aurez à dévorer. Vous préférez à un enseignement qui embrasse toute la révélation, la Bible qui n'en renferme qu'une partie. Vous placez l'autorité du magistère après celle de l'Écriture, tandis que l'Écriture elle-même la place avant. Vous prétendez ne relever que de votre raison individuelle dans votre Symbole, tandis que vous n'obéissez qu'à des préjugés d'éducation, de famille et de patrie. Vous professez pour principe la Bible sans commentaires, et vous inondez tous les pays de traités et de gloses destinés à l'expliquer. Vous ne vous inclinez que de
\ant l'Écriture, et l'Écriture elle-même ne vous est garantie que par la Tradition, devant laquelle vous ne vous inclinez pas. Ainsi, la plupart des adeptes du libre examen n'examinant rien, persistent dans la résistance à l'Église par des motifs tout opposés à leurs propres principes, et, rebelles à l'infaillibilité, vouent leur vie et leur mort à l'absurdité.
Enfin, vous répudiez l'infaillibilité catholique ? Après les conséquences et les inconséquences de cette négation, comptez les impossibilités pratiques qu'elle vous impose. Pour vous substituer logiquement à l'infaillibilité, voici les conditions que vous avez à remplir. Vous devez être un exégète érudit, connaissant le catalogue et le sens authentiques de tous les livres inspirés, et cela par la seule persuasion intérieure du Saint-Esprit, lequel ne persuade pas à deux lecteurs la môme chose. Vous devez être un linguiste consommé, sachant au moins l'hébreu, le grec et le latin, pour vérifier toutes les traductions aux clartés du rayon ou du goût intime. Vous devez être encore un profond théologien, pour dirimer toute les controverses par l'Écriture, laquelle ne répond rien à ceux qui l'interrogent, n'accuse pas ceux qui la défigurent, et nécessite la connaissance d'un critérium antérieur, pour n'être pas interprétée avec extravagance. Sans ces conditions, les blasphémateurs de l'infaillibilité ne sont protestants qu'en vertu d'une règle de foi catholique, c'est-à-dire, sous la loi d'une autorité prise hors d'eux-mêmes, et ils n'échappent à l'Église que pour embrasser l'impossible.
Tant il est vrai que, dès l'instant qu'ils s'émancipent de toute autorité doctrinale, les peuples ne croient plus à aucune doctrine, et que la plupart des dissidents passent dans l'autre monde sans savoir ce qu'il faut croire dans celui-ci ! Et il ne faut pas se persuader que les ignorants seuls réclament les bénéfices de notre méthode d'enseignement. Les philosophes, c'est-à-dire, ceux qui ont douté le plus sous la conduite de la raison, sont les plus enclins à dépendre, par désespoir de leur impuissance et par lassitude d'investigation. « Je suis un rationahste fatigué, « disait Augustin Thierry ; « je ne puis suivre vos démonstrations de philosophie c( religieuse. Voici toute ma théologie : je vois les faits, et la né- « cessité d'une autorité divine et visible pour la direction du genre
a humain ; or, tout ce qui est en dehors du christianisme ne (( compte pas ; de phis, tout ce qui est en dehors de l'Église cacc thoHque est sans autorité : donc l'Église catholique est l'autorité « que je cherche, et je reçois son Credo. »
Voilà la nature et la raison prises sur le fait. Que dire donc d'une religion qui n'a rien à oftrir à ces âmes haletantes, pour recomposer leur Credo, qu'une Bible... et cela, en face de la mort, qui Ta leur ôter le temps de la recherche ? Ou que cette rehgion ne comprend rien à l'humanité, ou qu'elle fait bon marché de la nécessité de la religion. 0 infaillibilité divine ! soyez remerciée de m'arracher au tourment de cette inquiétude et de cette impossibilité. Tenez-moi lieu, par votre certitude, de toutes les certitudes dont je ne puis me passer, et qu'on ne retrouve qu'en vous. Loin de s'immoler, je sens que ma raison se sauve en vous conjurant de remplir ses vides et d'étayer ses faiblesses, car les seules croyances vraiment raisonnables de ce monde sont celles qui sont cautionnées par vous.