‹ Mélanges oratoiresChapitre 7 sur 67 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

L'Église, comme Marie, n'ayant point subi les atteintes du péché originel, doit être exempte des souillures qu'engendre la concupiscence, et posséder cette inviolable innocence qui se nomme la sainteté. Sans doute, il est en elle une partie humaine qui exclut la perfection absolue ; mais elle demeure immaculée dans les éléments divins qui la composent. Ne réduisons pas cette thèse à une question de personnes; et, mettant en parallèle catholiques et dissidents, n'allons pas gratifier les uns de toutes les vertus, les autres de tous les vices. Mais laissons les personnes pour considérer les institutions ; et, de même qu'il y a un premier degré de grandeur morale où l'on ne s'élève que par le christianisme, constatons qu'il y en a un second où l'on ne monte que par la vertu des influences cathoUques. A ce point de vue, quelles différences caractéristiques entre les fausses Églises et la vraie, sous le rapport de la sainteté d'origine, de doctrine, de moyens et d'effets !

De l'origine sainte du catholicisme, que dire, puisqu'elle n'a besoin ni d'être connue ni d'être justifiée ? Les souvenirs du côté transpercé de Jésus d'où l'Église est sortie, du cénacle où elle a germé, de la Pentecôte où elle a paru en place publique, des quatre premiers siècles où elle s'est épanouie, sont un idéal si accompli de pureté morale, qu'il est impossible à une institution de salut universel d'avoir un plus noble berceau. Au contraire, serait-ce médire du schisme et de l'hérésie d'affirmer qu'ils sont réfutés par la honte de leurs commencements ? Non, non, que leurs adeptes ne se fassent point illusion : si Henri YIII avait été chaste, si Photius et Michel Gerularius n'avaient point été ambitieux, si deux ou trois villes n'avaient pas eu des prétentions de capitale religieuse,

tous les schismatiques seraient encore catholiques. D'autre part, si la Réibrmation, selon le mot d'Érasme, avait eu un autre but que de « transformer en épouseurs et en épouseuses les moines et les « nonnes; » si les premiers réformateurs n'avaient été, selon l'énergique expression de Cobbett, une collection de misérables ne s'accordant guère que sur un seul point de doctrine, l'inutilité des bonnes œuvres, jamais l'hérésie n'aurait obtenu le succès de propagation qui favorisa son établissement .

Le schisme et l'hérésie naquirent donc, non de la sainteté de leurs fondateurs, mais de leurs passions ; et quand leurs adeptes portent des traces de sainteté en eux-mêmes, c'est parce que les descendants valent mieux que leurs aïeux, et les dissidents que leur doctrine. 0 premiers siècles de la vraie Église, apogée sublime de pureté et de magnanimité ! quelle différence entre le christianisme de vos catacombes et celui de Calvin ! Et vous, armées de vierges et de martyrs, modèles primitifs du catholicisme, comme vous confondez ces moines réfractaires, ces fondateurs libertins des fausses Églises, qui renièrent la vérité par incontinence, sauf à publier qu'ils ne se débauchaient que par excès de vertu ! Ce fut toujours, en effet, le pharisaïsme des apostats de la chasteté de la nier en l'abandonnant, et d'accuser la sincérité de ceux dont la pureté les accuse : comme si, pour usurper les gloires de l'innocence, il suffisait de déchoir avec effronterie ! Mais ils ont beau couvrir ces parjures cyniques du masque de l'imposture, leur dégradation morale sera toujours l'opprobre de leurs œuvres et le stigmate de leurs négations.

Quelle autre preuve de la sainteté de l'Église que sa pureté doctrinale ? Considérons-la sous le rapport de la sincérité. Comme elle est immaculée dans sa foi, une société qui en respecte à ce point les formules ! L'Église, plutôt que de retrancher un mot de son Symbole, celui qui exprime la consubstantialité du Verbe, a consenti à perdre l'innombrable population des sectes ariennes. Plutôt que de transiger sur la procession du Saint-Esprit, elle sacrifie ses plus anciennes conquêtes de l'Orient. Plutôt que d'attenter à l'indissolubilité du mariage, elle subit la vengeance d'Henri VIII et la désertion de l'Angleterre ; enfin, plutôt que de sanctionner les prin-

cipes de 89, elle affronte le choc de tous les préjugés modernes coalisés contre elle : c'est-à-dire qu'elle compte sa popularité et ses amoindrissements pour rien en comparaison de sa foi, et qu'elle fera, à tout instant, ce qu'il faut pour être sacrifiée à sa vérité, si elle ne se sauvait par cette vérité même.

Maintenant, qu'on se rappelle ces Orientaux rusant avec la parole divine, depuis mille ans, pour surprendre, par des subtilités grecques, la bonne foi de l'Occident. Qu'on se rappelle ces docteurs du protestantisme libéral transformés en vrais professeurs d'incrédulité, mais émargeant toujours au budget de l'État, sous le déguisement de ministres d'un culte reconnu; enfin, qu'on se rappelle ces évangélistes calvinistes de toute nuance, de qui Rousseau disait : « Ils ne savent ni ce qu'ils croient ni ce qu'ils veulent », et dont quelques-uns, quoique ayant cessé d'adhérer au surnaturel, maintiennent encore des cérémonies surnaturelles dans les épousailles et les sépultures, pour n'en point perdre les bénéfices ; et ensuite, comparant les Églises à l'Église, dites-moi de quel côté brille davantage l'honnêteté des convictions.

Considérons la pureté doctrinale du catholicisme sous le rapport de la moralité. Distinction très importante : il n'a jamais été dit qu'il n'y aurait pas de scandales dans l'Église, mais qu'il n'y aurait point d'erreurs ; et il n'y a pas jusqu'à la condamnation des erreurs par les auteurs mêmes des scandales, qui ne soit une preuve de l'inaltérabilité de la doctrine. N'est-ce pas une chose étonnante que la corruption plus ou moins authentique de certains papes n'ait pas déteint sur Tintégrité virginale de leur vérité, et que le bullaire de ces monstres, comme dit ironiquement de Maistre, soit impeccable ? Aussi, qu'on cherche parmi les décisions de l'Église, il n'en est pas une qui ne soit à la fois l'expression et l'agent de la plus haute moralité.

L'hérésie pourrait-elle revendiquer le même honneur ? Non, le protestantisme n'a pas dogmatisé contre les passions, mais plutôt à leur profit. 11 fut un bill d'affranchissement, pour les princes, de toute sujétion spirituelle ; pour les lettrés, de toute autorité doctrinale ; pour les moines, de leurs vœux ; pour les prêtres, du célibat ; pour les laïques, de l'abstinence, des jeûnes, de la confession et de toutes les œuvres satisfactoires. Eh ! comment mériterait-elle le

surnom de sainte, une religion qui professe le dogme du serf-arbitre, lequel est une sorte de blanc-seing donné par avance à tous les crimes ; la doctrine de la justification par la foi sans les œuvres, laquelle est la ruine de tout effort moral ; enfm, la croyance à la prédestination, qui humilie lésâmes sous le joug de la fatalité, et détruit en même temps l'espérance de l'homme et la bonté de Dieu? Aussi, ne nous étonnons pas si Fitz "William a écrit : « Le passage de l'Église à une secte est trop souvent par le chemin des vices, tandis que celui d'une secte à l'Église est toujours par le chemin des vertus. »

Quelle preuve de la sainteté de l'Église que ses moyens de sanctification ! C'est un dogme commun à toutes les Églises que le moteur de la moralité chrétienne, c'est la grâce, et que le plus grand affluent par où la grâce s'épanche sur la terre, ce sont les sacrements. Par conséquent, placez d'un côté l'Église qui garde intact le dépôt des sacrements les plus moralisateurs, la Pénitence, l'Eucharistie, l'Ordre, le Mariage ; de l'autre, les ÉgHses qui en réduisent le nombre. Qu'on fasse l'expérience des deux systèmes sur des âmes également bonnes ou mauvaises par nature : il est impossible que la palme du pouvoir sanctifiant ne soit pas adjugée à la religion qui en conserva intégralement les moyens.

Voulez-vous voir la même vérité rendue sensible par une échelle de proportion que justifie l'histoire ? Penchez-vous un instant sur les peuples européens, et dites-moi jusqu'où s'élève respectivement le thermomètre de leurs vertus. Le catholicisme, dépositaire de la totalité des sacrements, est la religion qui féconde le mieux la conscience humaine et en fait jaillir le plus de sacrifices. Le schisme grec, qui altéra la source des sacrements, s'avance un degré plus bas ; le protestantisme, qui en renia la plus grande partie, vient après ; et le rationalisme, qui n'en reconnaît aucun, est le symbole le plus improductif sous le rapport des vertus sans convention et sans artifice.

Et ici, morahstes de parti et de parti pris, n'opposez pas la pureté plus ou moins authentique des populations russes et anglicanes au relâchement des catholiques méridionaux. Ne le prononcez pas, ce jugement antifrançais, qui rejette implicitement la patrie de saint Louis au-dessous de l'abrutissement moscovite et des

sentines de Londres ou de New- York. Nous avons établi le parallèle de la moralité, entre la vraie et les fausses Églises, à passions égales. Or, y a-t-il égalité d'entraînements sous le ciel de la Sibérie scliismatique et de l'Allemagne protestante, ou sous les zones ardentes de l'Espagne et de l'Italie catholiques ? Que deviendrait la pruderie si vantée des nations septentrionales, le jour où elles recevraient les ardeurs de ce soleil qui fait bouillonner le sang des races latines ? L'erreur a fui les pays difficiles à gouverner sous le rapport du tempérament, pour s'établir dans les régions où la froideur du climat garde les mœurs à la place ; mais le jour où la confession et la communion seraient abolies au delà des Alpes ou des Pyrénées, il s'exhalerait, de nos tièdes climats, des miasmes si impurs, que les vents du Midi souffleraient le poison sur le reste de l'Europe, et les sages, effrayés de la contagion, diraient à l'Église : Ressuscitez donc tous les moyens de votre action sanctifiante, et rouvrez les piscines probatiques pour y purifier les gangrènes morales de l'univers. Haurietis aquas in gaudid de fontibus Salvatoins.

Enfin, quelle preuve de la sainteté de l'Église dans les efiets de sanctification qu'elle produit ! Il y a une sainteté propre au christianisme : c'est pourquoi on trouve, dans toutes les sectes chrétiennes, des chrétiens marqués, plus ou moins, de la beauté du Christ. Mais il est un degré de vertu réservé au catholicisme, et c'est en vain qu'on le chercherait ailleurs. Y a-t-il, sous le soleil, une autre société religieuse que la nôtre où la présence de la sainteté soit continuellement certifiée par le pouvoir des miracles, où surgissent à tout instant des types de grandeur morale dignes d'être placés sur les autels, dont quatre-vingt-dix chefs aient mérité d'être inscrits au catalogue des modèles canonisés et trente-trois au nombre des martyrs, et dont le paradis soit rempli par une population aussi pure que celle de nos bienheureux?

Sans doute, les saints du schisme et de l'hérésie représentent l'honnêteté de l'Évangile, ils ne s'élèvent pas à l'héroïsme évangélique; ils pratiquent le précepte de la loi, non la folie de la Croix; ils aiment Dieu jusqu'au sacrifice de leur fortune dans la charité de l'aumône, jusqu'au sacrifice de leur orgueil dans la charité du

pardon, jusqu'au sacrifice de leur égoïsme dans la charité de la bienfaisance ; mais, seul, le saint du catholicisme aime Dieu et les hommes plus que sa liberté dans le vœu d'obéissance, plus que ses parents et sa postérité dans le vœu de chasteté, plus que le monde dans la profession religieuse, plus que la vie dans le martyre. Or, ces types divers de la grandeur évangélique, impossibles ou diminués dans les fausses Églises, par le seul fait qu'ils sont nombreux et d'une perfection suréminente dans la véritable, ne sont-ils pas une irrécusable attestation de sa sainteté?

Où est, ailleurs que dans le caholicisme, le vrai sacerdoce ? Oui, cherchez, et osez me contredire. Ce prêtre pontife dont la parole enfante Dieu et dont les bras le soutiennent ; ce mortel, entre ciel et terre, qui est ange par sa vie en même temps que par ses fonctions, et que l'on contemple avec respect dans le lointain du sanctuaire, caché au milieu de l'encens et du fm lin ; ce prêtre confesseur qui purifie tant de secrets malsains à sa chaste tendresse, qui touche comme les rayons du soleil à tant de souillures sans se souiller, et qui guérit les maladies du monde sans les contracter ; ce prêtre victime qui préfère souvent à la famille et à la patrie des âmes inconnues qu'il va chercher à l'autre extrémité de l'univers : tout cet idéal de grandeur et de sacrifices, en un mot, qui compose le prêtre catholique, où a-t-il été vu en dehors du catholicisme? Jugezen par comparaison. Qu'est-ce que le ministre de l'hérésie? Un professeur de religion, qui fait son cours tous les huit jours, moyennant de riches honoraires; un vulgaire chef de famille, qui, des revenus de sa prébende, pare une femme et dote des héritiers. Qu'est-ce que le prêtre du schisme moscovite? Un esclave souvent abruti par les excès de la dépendance, et tellement déchu, soit en vertus chrétiennes, soit en dignité sociale, que le peuple lui-même rougit de serrer ces mains sacrées qui portent l'Eucharistie et qui s'étendent sur le monde pour bénir. Enfin, qu'est-ce que le prêtre du photianisme? Quelquefois un matelot, d'autres fois un simple ouvrier, qui passèrent, moyennant finances, de la rue au saint autel, qui changent la succession de saint Jean Chrysostome en un vil métier, dont les aïeux faisaient jadis trembler les empereurs chrétiens d'Orient, et qui rampent aux pieds du pacha turc.

Où est, ailleurs que dans le catholicisme, la vraie virginité ?

L'homme, sans la grâce des sacrements catholiques, est assez maître de sa chair pour la déchirer, comme font certains bonzes de l'Inde; assez maître de sa chair pour la refréner une fois, comme le témoigne la continence de Scipion ; assez maître de sa chair pour en aimer mieux les combats que la mort, à l'exemple des vestales contraintes du paganisme; assez maître de sa chair pour vivre sans parjure dans l'union monogame, comme le pratiquent les protestants consciencieux ; mais, pour s'élever à cette station glorieuse entre les habitants de la terre et ceux du ciel, pour se maintenir sur les hauteurs de cette montagne de Vencens, la chasteté perpétuelle, il faut un supplément de forces surnaturelles, dont la source n'existe que dans l'Église. Preuve évidente de cette vérité, c'est qu'en général les sectes chrétiennes ont aboli le vœu de virginité, déclarant cette partie héroïque du devoir contraire à la nature, afin d'être dispensées de la réaliser. Aussi le protestantisme, qui a multiplié les millions dans les caisses publiques, n'a pas encore donné naissance à une sœur de charité. En Orient, la virginité est une (leur presque détruite par les exhalaisons pestilentielles du sensualisme musulman; et en Russie, ce vœu n'est admis qu'à un âge avancé, c'est-à-dire qu'on ne renonce au monde que lorsqu'il n'en coûte guère plus rien. 0 génération des chastes ! ô âmes vraiment dégagées des sens ! aigles sublimes de la vie chrétienne, où faut-il aller vous chercher? Nulle autre part qu'auprès de l'autel catholique, là où il y a de la chair pour vous nourrir, c'est-à-dire, là où se trouvent le froment des élus et le vin qui fait germer les vierges, vimim germinans virgines.

Où est, ailleurs que dans le catholicisme, le vrai religieux? Certes, le religieux est utile dans son obéissance : car passez à l'hôpital, voyez à l'œuvre ces créatures si dépendantes qu'elles ont perdu leur nom de famille, pour prendre tantôt celui de l'espérance, tantôt celui de la miséricorde, tantôt celui de la charité, et qui restent si peu à elles-mêmes que tous les malheureux et tous les dégradés ont le droit de leur dire : Ma sœur. Le religieux est grand dans sa pauvreté ; car passez dans les cloîtres, voyez ces trappistes qui délaissèrent des habits brodés pour la bure, l'épée du gentilhomme pour le hoyau du cultivateur : comptez tous les serviteurs des malades et des pauvres qui, non contents de quitter

leur mère pour des étrangers couverts de plaies, épousèrent l'indigence volontaire, afm de persuader aux déshérités de ce monde qu'elle est aimable ; et dites-moi où se trouvent ces types surhumains en dehors de l'Église?

Le couvent moscovite, ouvert pour les hommes à quarante ans, pour les femmes à cinquante, est plutôt un refuge d'invalides qu'un lieu de sacrifice. Le couvent du schisme oriental est de plus en plus dépeuplé par l'infécondité des influences byzantines. Quant aux couvents des pays hérétiques, n'en parlons pas : l'hérésie s'est délivrée du cauchemar de son impuissance, et du reproche que lui feraient les vertus qu'elle ne produit pas, en remplaçant les vœux de religion par le mariage universel. Vers l'an 1550, un moine et une religieuse défroqués, assis à un même foyer, revenaient tristement sur leur passé sacrilège pour le déplorer, et Luther disait à Catherine Bora, sa complice : — « Catherine, ce beau ciel n'est « pas fait pour nous. — Eh bien ! maître, il faut nous repentir. — « 11 est trop tard, » ajouta l'hérésiarque, effrayé des ruines qu'il avait entassées. C'est ainsi qu'en dehors de l'Église la communauté des plaisirs sensuels est substituée à celle des plaisirs sacrifiés, et qu'à l'origine du protestantisme, le mariage bourrelé de remords vengeait la sainteté de l'état religieux profanée. 0 anges du Paradis, qui respirez le parfum virginal exhalé vers Dieu du fond de notre monastère ! quelle différence, à vos yeux, entre l'Église où il fleurit et celle où il n'est pas !

Enfin, où trouve-t-on, ailleurs que dans le catholicisme, de vrais martyrs? Est-il besoin ici de rappeler les marques de l'héroïsme à part qui constitue le martyre religieux? Faudrait-il prouver, pour la centième fois, que ni les martyrs de la science, ni ceux du courage militaire, ni ceux des fausses religions, ne peuvent être comparés à ceux de la foi ? Fuyons ce lieu commun apologétique, puisque notre thèse n'en a pas besoin, et contentons-nous d'évoquer l'évidence de l'histoire. Non, non, point de martyrs parmi les prêtres mariés des sectes dissidentes : car qui dit martyr, dit victime. Ne demandez pas de l'être à un homme que l'on retient par des embrassements au foyer quand les pestiférés l'attendent à l'hôpital ou les bourreaux au pied de l'échafaurl, et qui ne pourra pas mourir en souriant, parce que des orphelins pleureront autour de lui.

PANÉGYRIQUE DE LA SAINTE ÉGLISE. Cû

Aussi, le protestantisme compte, dans l'apostolat, des explorateurs vaillants, non des combattants sublimes ; il voyage pour la foi mais il ne la confesse guère. Et, d'autre part, qu? rencontra un envoyé des patriarches schismatiques dans les missions étrano-ères? Sous ces houlettes sans dignité et sans amour, les cœurs^e stérilisent, les prêtres se conservent pour leur famille, les fidèles se sacrifient pour les empereurs, mais personne n'abrège ses jours pour Dieu ; et la Russie fait bien des martvrs, elle n'en fournit point !

Voyoz-vous,maintenant,en quoi consiste cette sainteté de l'Église si dénaturée parles passions et par l'ignorance de la négatbn ? comprenez-vous comment, dans l'àme des grands observateurs, le respect pour l'Église monte à mesure que tous les autres respects descendent? Enfin, dites-moi si, au terme de tous vos désenchantenients, en face des caractères lumineux qui reluisent dans l'institution divine, il ne vous est pas aisé de vous reposer de tous vos doutes et de toutes vos expériences douloureuses, dans ce sentiment d un génie encore plus soumis que découragé : « Je meurs le plus « incrédule des hommes, mais le plus croyant des catholiques '. »

^ Chateaubriand.

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