RÉSISTANCE LÉGALE
Le Gonstitutionnel nous considérait, il y a huit jours, comme des banqueroutiers : aujourd'hui son thème change, il nous traite simplement en Érostrates.
Cette feuille, qui depuis trente ans ne cesse de corrompre la raison publique ; qui travaille tous les jours, avec im si déplorable succès, à faire perdre à notre nation tout principe, toute morale, toute notion du juste et du vrai, se trouve maintenant épouvantée, ahurie, au spectacle de ses œuvres.
Le Constitutionnel a semé le vent, il recueille la tempête; et 1 accuse du renversement de la société ceux-là mêmes qu'il en rend victimes* Il se demande avec angoisse ce qu'est devenue cette société qu'il a pétrie de ses ignobles mains, et qu'il est tout surpris de trouver si laide. Le socialisme énumère devant lui les passions, les erreurs et les crimes du monde doctrinaire; il rassemble tout ce que le venin du faux libéralisnie averse dans le monde de sentiments dépravés, de pensées désorganisatrices, de routines funestes ; il fait de tout cela un tableau hideux; il le montre au Constitutionnel; et le Constitutionnel s'écrie à cette image : « Ce n'est pas moi, c'est le socialisme! » Comme la furie vengeresse, le socialisme présente le miroir au vieux réprouvé, qui, le blasphème à la bouche, l'impénitence dans le cœur, appelle à grands cris la mort... sur la tête des socialistes I
Qui l'eût cru, que le Constitutionnel s'indignât à l'idée de résistance légale, comme si le mot et la chose étaient nouveaux pour lui! — « Très-sérieusement, dit-il, qu'est-ce que M. Proudhonl Est-ce un esprit malfaisant qui se propose sincèrement pour but de plonger la civilisation dans le chaos! Est-ce un amateur de dialectique, qui, pour faire des tours de. force d'ar*
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gumentation, s'amuse à systématiser l'absurde et à orgahiser l'impossible? Est-ce un faux frère de la République démagogique, qui, en poussant jusqu'à leur extrême conséquence les principes de son parti, veut en faire ressortir l'odieux et en inspirer la juste horreur à tous les hommes î En vérité, on hésite à se prononcer !»
Le Constitutionnel épuise toutes les suppositions, hormis - une, qui pourtant est la vraie : c'est que M. Proudhon a voulu édifier le monde sur la politique doctrinaire, et qu'il a juré une guerre à mort au Constitutionnel^ à ses patrons et à ses saints. Quand nous disons guerre à mort, c'est par métaphore, bien entendu : il faut mettre les points sur les i avec le Constitutionnel,
Puisque le Constitutionnel pose des questions, il nous permettra de lui en adresser aussi quelques-unes. Nous l'interrogerons sur faits et gestes; nous en déduirons ses principes, à lui Constitutionnel; nous luijdirons après quels sont les nôtres.
Est-il vrai, oui ou non, que. la Convention, qui résumait en elle toute la politique du dix-huitième siècle; la Convention, glorifiée par M. Thiers, M. Lamartine et tant d'autres, a posé en principe le droit et le devoir de l'insurrection?
Ne battez pas la campagne, et surtout n'accusez personne : cela est-il vrai î
Est-il vrai, oui ou non, que, postérieurement à la Convention, la charte de 1830, inspirée de l'esprit de 92, toute chaude encore de l'insurrection de juillet, a reproduit dans son article 66 le droit d'insurrection î
• Est-il vrai, oui ou non, que la Constitution de 1848, fidèle à la même tradition, a confirmé ce droit 1 Que tout, dans cette Constitution, est prévu pour le cas de haute trahison de la part du gouvernement î Qu'une procédure a été tracée, un tribunal établit Que chaque article respire la conspiration et la résistance, comme si le droit insurrectionnel, comme si la pratique des conspirations, croissaient avec le développement politique des sociétés? .
Est-il vrai, d'autre part, car nous tenons essentiellement à n'être point considérés comme inventeurs, que, comme la Constitution a prévu les complots du pouvoir et le moyen d'y résister, la loi a prévu les complots de la part des citoyens et tracé des règles pour la répression et la poursuite! — Que Barbes, Blanqui, Kaspail et autres, ont été récemment jugés d'après ces loist
Est-il vrai que tout citoyen ayant connaissance d'un attentat à la sûreté de l'État est tenu de le déclarer et de saisir, fia-
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grante delicto, l'inculpé, et de le traîner devant le magistrat! Est-il vrai, enfin, que le meurtre commis sur un inculpé récalcitrant, de même que le meurtre commis sur le prisonnier en tentative d'évasion, est excusable ? Que c'est sous prétexte de ce double principe qu'on a passé par les armes les insurgés de Saint-Merry et Transnonain, et fusillé, après Juin, les malheureux socialistes!
Oui ou non, cela est-il vrai! Avons-nous inventé ou découvert cette organisation de la guerre civile au cœur de l'Etat, au sein de la cité!
Voilà la doctrine. Voyons l'histoire.
Est-il vrai, oui où non, qu'en février 1848, M. Odilon Barrot, après six mois d'émeute électorale, a fait appel à la résistance ? Est-il vrai, oui ou non, qu'en 1839, une autre coalition électorale s'était formée contre Louis-Philippe, par les soins de MM. Thiers, Guizot et Barrot, au nom de la Charte ! Or, qu'est-ce qu'une coalition électorale! Une conspiration.
Est-il vrai, oui ou non, que la révolution de 1830 fut le dénouement de la comédie f lisez de la conspiration de quinze ans ! Qu'avant 1830, Louis-Philippe conspirait; M. Guizot conspirait ; M. Thiers conspirait ; M. Odilon Barrot, que vous retrouvez partout où il y a une conspiration, conspirait!
Est-il vrai qu'en 1815, lorsqu'eut sonné l'heure de nos désastres, le même M. Guizot, le même M. Barrot, représentants du parti constitutionnel, de compte à tiers avec la branche aînée et l'étranger, conspiraient encore!
Est-il vrai qu'au 18 brumaire Bonaparte conspira avec Sieyès, le père et le patron des théories constitutionnelles, je devrais dire des théories conspiratrices ! fest-il vrai que le 10 août ne fut qu'une conspiration! Le 14 juillet une insurrection!
Le serment du Jeu de Paume une conjuration! Est-il vrai qu'antérieurement aux états généraux, les sociétés maçonniques, berceau du constitutionnalisme de 1790 et du libéralisme de 1815, conspiraient! Que les philosophes et les encyclopédistes, pères des doctrinaires, ne firent autre chose que conspirer?...
Ah ! dites-vous, en Février, le droit de réunion était méconnu; en 1839, l'esprit de la Constitution était faussé; en 1830, la Charte violée ; en 1815, la liberté trahie par l'auteur de l'acte additionnel; au 18 brumaire, l'ordre anéanti; au 10 août, la monarchie parjure à la Constitution; au 14 juillet, au Jeu de Paume, la nation forcée de s'élever contre le despotisme. A toutes ces époques, la Révolution, — ce qu'il vous plaît d'ap •
peler insurrection, — a été justifiée, et par la nécessité^ et par le succès, et par le consentement subséquent du peuple. C'est pour cela que ces révolution» ont été justes, morales et glorieuses...
Ainsi, c'est Tévénement qui fait la justice, la moralité, la légitimité du complot; car, en définitive, le fait accompli, le fait irrévocable, ne peut manquer d'être déclaré nécessaire ; le battu paye Tamende; les rieurs sont pour le gagnant; la Révolution, une fois consommée, devient invariablement juste et sainte. Bien fou qui essayerait de contester avec une révolution victorieuse.
Que répondrez-vous donc à ceux qui vous diront tout à l'heure, en reprenant la série des interrogations :
Est-il vrai, oui ou non, que M. Guizot, de sa solitude de Brompton, conspire?
Que les légitimistes conspirent?
Que les bonapartistes conspirent?
Que les orléanistes conspirent?
Est-il vrai que le gouvernement de Louis Banaparte, formé d'éléments hétérogènes, ne sachant s'il est pour l'empire, pour la légitimité ou pour la branche cadette, conspire par provision, sauf à' se décider plus tard sur le choix de la conspiration !
Conspirons donc, patriotes I Nous avons pour nous la légalité; nous aurons le succès I
Encore une fois, qu*aurez-vous à répondre? — Qu*il n*est pas vrai que le gouvernement conspire? Autant en disaient Louis- Philippe, le 22 février; Charles X, le 25 juillet; Napoléon, dans les cent jours ; Louis XVI, le 10 aoûtl
Il faut considérer les choses de plus haut ; il faut chercl^er la cause de ces insurrections périodiques, qui arrivent contre tous les gouvernements, qui toutes finissent par vaincre les gouvernements, et mettre de leur côté la raison, la justice et Tordre.
Comment, en effet, ne pas reconnaître que ces mouvement» tumultueux, que Ton condamne et que l'on justifie tour à tour, là sous le nom de conspirations, ici sous le titre de révolutions, lentement amenés par une lutte souterraine, ne sont autre chose que Téclat final d'une réaction et d'une conspiration, adéquates Tune à l'autre, qui commencent et qui finissent le même jourî Les réactions et les conspirations sont sœurs. Pendant quinze ans, la réaction'l' emporte ; pendant quinze ans, la conspiration est réprimée. Mais le torrent s'amoncèle toujours : tout à coup, l'équilibre est rompu, le centre de gravité se délace, les rôles changent : ce qui la veille était légalité, le len-
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demain est regardé comme attentat; ce que Ton traitait de • conspiration, devient légalité et ordre. La conséquence, c'est que dans cet abominable système, auquel la Révolution de Février devait mettre fin, la nation est en conspiration permanente contre l'État, tout comme, dans l'ordre économique, qui est la contre-partie du système constitutionnel, la moitié de la ' société exploite Pautre.
Pourquoi donc, encore une fois, nous, minorité démocratique placée en face d'une majorité évidemment réactionnaire^ — •pourquoi, forts du texte de la Constitution, ne conspirerionsnous . pas pour la défense de cette Constitution t Pourquoi n'organiserions-nous pas nos efforts! Pourquoi ne ferions-nous pas de cette résistance organisée, dont le principe est l'âme même de toutes nos constitutions, une institution, une loi, un codet Y aurait-il par hasard un privilège de conspiration, de même qu'il y en a pour le travail et le capital! Ce qui fut permis, honorable, glorieux, à MM. Barrot, Quizot, Thiers, etc., sera-t*il un crime en Pierre Leroux ou Victor Considérant! Faut-il attendre que le gouvernement, portant une main brutale sur les tables de la loi, ait consommé son attentat! Faut-il, , plutôt que d'organiser la résistance morale, plus puissante mille fois que l'insurrection à main armée, et qui d'ailleurs ne peut compromettre que les citoyens qui en prendront l'initiatiative, jeter des flots de peuple sur la place publique, les abandonner sans conseil, sous l'influence de quelques cassecous politiques qui sauront bien se tirer d'embarras, à une boucherie Saint- Merry ou Transnonain? Faut-il, quand nous pouvons par la résistance légale trouver enfin cet équilibre si longtemps cherché, recommencer éternellement la guerre sociale et les septembrisadest
Non, non : telle ne peut être la destinée de la République. Ce n'est pas là ce que Vous voulez, du moins nous ne vous faisons pas l'injure de le croire; ce n'est pas non plus ce que "nous voulons.
Il faut donc remonter à la cause de cet antagonisme, et cette cause, nous vous l'avons dite mainte fois, elle est toute dans votre politique.
Oui, c'est votre constitutionnalismc faux qui déteint sur la ■République de 1848, comme il avait déteint sur celle de 93; ce sont ces distinctions fictives, que voua entretenez systématiquement dans la société, qui ont engendré toutes vos conspirations et tous nos malheurs; c'est vous qui avez organisé la guerre ■ entre la nation et le gouvernement ; vous qui avez rendu ce conflit périodique et inévitable, en créant partout des intérêts
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de classes à la place des intérêts généraux ; en opposant sans cesse la politique de conservation à la politique de progrès, • comme si conservation et progrès n'étaient pas synonymes ; en faisant de la liberté un ennemi perpétuel de l'ordre, comme si l'ordre absolu n'était pas identique à la liberté absolue ; en séparant sans cesse ce qui ne peut être qu'un ; en faisant partout des lois d'exception, de restriction et de privilège, au lieu de lois égalitaires et universelles.
Criez maintenant à la désorganisation, à la dissolution, au cahos; exclamez-vous contre le socialisme; demandez l'abolition de la République et la suppression du prolétariat. Tant que vous ne serez pas entrés franchement dans la voie démocratique, qui est par excellence celle de la conciliation et de l'ordre, nous resterons en sentinelle, Toeil sur vous, le fusil armé, et nous répondrons à vos injures comme ces insurgés du seizième siècle à je ne sais plus quel faiseur de lois pris dans son propre piège : Hypocrites ! nous ne faisons que suivre vos préceptes et vos exemples, Patimini îegem quant ipsi fecistis.
Et maintenant, voici ce que nous avons à dire à nos concitoyens, nous, qu'ils auront bientôt à juger comme conspirateurs, précisément parce que nous sommes ennemis des conspirations ; nous que la société officielle poursuit et persécute, parce que nous ne conspirons point avec elle, parce qu'au lieu de conspirer, nous disons tout haut, envers et contre tous, la vérité.
Votre société n'est qu'un ramas de conspirateurs; depuis soixante ans vous vivez sur des conspirations.
Or, il en est des conspirations comme de toute chose : il faut les tolérer toutes ou n'en légitimer aucune. Quant à nous, notre choix est fait : nous demandons qu'il n'y ait plus de conspirations. — Le moyen 1 dites -vous. — Le moyen est simple, nous allons vous le dire : c'est, d'abord, de nous attacher définitivement et inviolablement à la Constitution ; en second lieu, de n'en vouloir que les conséquences d'ordre et d'intérêt général.
En principe, toutes les constitutions sont égales : leur prétendue imperfection ne prouve que notre ignorance ou notre mauvais vouloir. Prenez le Décalogue : vous' pouvez, de cette constitution embryonnaire, sans article additionnel, déduire toutes les lois et ordonnances que supposent un développement historique de trois mille ans et toute la civilisation du dix-neuvième siècle. Il n'est pas un moment, dans l'histoire d'une société, où Ton puisse dire que la Constitution ait
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été par elle-même insuffisante; pas une insurrection que le vice de TÊtat politique ait pu légitimer.
Ce qui produit les conspirations, les révolutions, c'est, encore une fois, l'antagonisme des idées et des intérêts, antagonisme que la pliilosophie moderne a analysé; qui était dans la condition préparatoire des sociétés, mais que le progr^s tend à effacer de plus en plus, et pour lequel s'agite en vain une coterie de privilégiés et d'intrigants.
Or, si rattachement définitif à une Constitution est chose claire, facile, intelligible pour tous, le second point à observer ne l'est pas moins : c'est celui qui consiste à ne faire que des lois absolues, c'est-à-dire des lois d'une application et d'un intérêt universel ; c'est, en un mot, d'appliquer, en politique, la maxime de Kant : < Agissez en tout de telle sorte que votre conduite puisse servir de règle générale. »
Qui obligeait, par exemple, le gouvernement de Louis Bonaparte à cette expédition impolitique, immorale, et dont nul ne peut prévoir les conséquences, de Civita-Vecchiat — Était-ce la Constitution? Pas le moins du monde. La Constitution ne prescrivait point d'intervenir dans les affaires de Rome, et de rétablir la paix du ménage entre Pie IX et les démocrates de la sainte cité. — Était-ce l'intérêt général de notre pays! Encore moins ; il résulte des explications données à la tribune par le président du conseil, que l'intérêt qui a commandé l'expédition de Civita-Vecchia est un intérêt purement capitaliste et monarchique, un intérêt désagréable à une partie du pays, un intérêt de réaction, un intérêt, par conséquent, qui provoque à la conspiration.
Louis Bonaparte, en un mot, a fait pour Rome précisément ce qu'avait fait Louis-Philippe pour les mariages espagnols ; celui-ci faisait de la politique dynastique, celui-là fait de la politique de parti. Or la plus grande faute que puisse commettre un gouvernement, la plus grande atteinte qu'il puisse porter à une Constitution, le plus funeste exemple qu'il puisse donner, c'est de faire servir le pouvoir à des intérêts de parti, intérêts qu'il lui plaît, je le sais bien, d'appeler généraux, mais qui n'en sont pas moins, dans le cas donné, des éléments de désordre.
Il me serait facile de faire, sur la loi du cautionnement, sur celle des clubs, sur tous les actes de la politique réactionnaire, des observations analogues. On verrait que ces lois n'ont jamais été inspirées par l'intérêt général ; qu'elles ne dérivent point d'un principe absolu ; qu'elles n'ont point une application égale ^ et universelle ; ce sont des lois d'exception, de gêne et de con-
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trainte pour la classe la moins aisée du peupla, classe que le gouvernement, par une autre folie, suppose dangereuse, et à qui, par cette raison, il s'efforce d'enlever, autant qu'il est en lui, la discussion et la lecture; classe enfin qu'il provoque, ip$o faeto, à l'insurrection et à la révolte.
En deux mots :
Une Constitution nous a été donnée en 1848. Quant à nous, nous nous y arrêtons ; elle nous suffît. La révise qui voudra ; pourvu que ce soit dans le sens de la liberté et du progrès, marqué par la Constitution elle-même, nous ne nous y opposons pas; cela servira du moins à constater le progrès de l'opinion et de la démocratie. Ce qui nous importe, c'est qu'on la respecte, c'est qu'on l'observe. Avec cette Constitution, franchement appliquée, nous ne craignons pas le pouvoir prési* dentiel, comme aussi nous nous faisons forts de réaliser le droit au travail. La véritable révision se fera d'elle-même ; le temps et les circonstances se chargeront de donner à ses arti* clés leur véritable sens, aux pouvoirs qu'elle a créés leurs véritables limites.
Que tout le monde jure donc par cette Constitution; que toutes les améliorations proposées portent sur des objets d'intérêt exclusivement général; que toutes les réformes aient pour but unique l'abrogation des lois d'exception et de privilège j enfin d'une politique de parti et de caste.
A ces conditions, nous sommes prêts à abjurer nos théories de résistance légale, de refus de Timpôt, de désobéissance à l'autorité, d'insurrection, de conspiration : nous devenons les plus conservateurs des hommes.
Sinon, non.
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(N« 164. — 2 mai.)
Paris, l" mai.