‹ MélangesChapitre 55 sur 67 · RHIN. — CHRONOLOGIE · texte numérisé non relu

RHIN. — CHRONOLOGIE

Ligue de Francs, 257 (Ghérusques, Cattes, Saliens, Ripuaires). — Ligue des Allemands, mentionnée pour la première fois sous CaracaUa, occupant la Bavière actuelle. — Suèves ou Souabes, entre TElbe et la Vistule, avancés sur le midi ; les Bourguignons eu faisaient partie.

406. — La Gaule pillée et saccagée par les Suèves, Alains, Vandales; confédération des villes gauloises, appelée confédération des Bagaifdes ou armoricaine. Constantin, usur-

pateur de Fempire dans la Grande Bretagne, passe en Gaule. Jovius, Gaulois, usurpateur aussi.

Clovis après Tolbiac : les villes de la confédération lui ouvrent leurs portes; les légions romaines passent à son service; un État nouveau commence.

Empire, Gaule, France, fusion.

Suivant Ott, le partage du royaume de Clovis ne concerne que le commandement militaire et les terres royales enlevées au fisc romain ; l'unité de l'État subsiste. (?)

Conquête de la Thuringe par Thierry, de la Bavière par le même, de la Saxe par Charlemagne.

Pépin, roi, 752. — La raison de l'avénement de la deuxième race, que personne n'a trouvée, est le reto?j.r à Yunité franque de Clovis, deçà et delà le Rhin. Toute la tendance des seigneurs de Landen, Herstal, est là. En revanche, l'avènement de la troisième race aura pour cause la négation de cette unité, ou la fédération féodale, dont le représentant est

le chef; la séparation définitive de l'empire et du royaume» de la* France et du Rhin.

Voilà ce que déguise aux yeux la calomnie de rois fainéants, le prétexte de décadence allégué par les historiens pour rendre compte d'une double usurpation, qui n'en est pas une, puisqu'il s'agit d'une grande révolution politique.

Ainsi s'explique la consultation de Pépin adressée au pape, et la réponse de Zacharie. Si Pépin pouvait sans crime prendre le titre de roi ? Réponse : que celui qui remplissait les charges de la royauté devait en avoir aussi le droit.

Réponse ambiguë, et qui n est qu'un cercle vicieux indigne, impliquant calomnie.

La raison est que les ducs de la maison de Landen et Herstal représentaient Yunité franque, qu'abandonnaient les Neustriens, parce qu'ils n'étaient pas assez forts pour ]a mai ntenir au profit de leur État neustrien. La force militaire était toujours sur le Rhin, les Francs voulaient toujours dominer la Gaule, qui sans cesse tendait à leur échapper.

L*idée de la famille d'Herstal est si bien Funité, que le frère de Pépin, Carloman, re- jj

nonce au monde; et que Charlemagne, avec 1|

Fassentiment universel, à la mort de son frère Garloman, rétablit l'unité, sans tenir compte des enfants de son frère.

Le Rhin papal.

Le nouvel empire ne pouvait ressembler à Tancien.

Les papes entrent dans la politique des évéques de Gaule, en' s'alliant avec les Francs ; le Rhin devient le foyer de la civilisation chrétienne, et remplace le Tibre.

Alors tout recommence sur une base plus large, dans un sol plus profond, avec un germe plus puissant. Le monde moderne sera au monde romain, ce que le Rhin est au Tibre.

Lothaire représente la tendance unitaire franqiie. Il veut continuer Tœuvre de son grand-père et de ses aïeux. Mais il ne s'aperçoit pas que tout le monde est désormais contre le principe d'un Etat unique, que le titre d'empereur est tout nominal et honori-

fique, et que le pacte signé entre le pape et Charlemagneen est la négation fondamentale.

Cette idée, qui triomphe à la bataille de Fontenay et au congrès de Verdun, va se développant de plus en plus, et finit par faire perdre la couronne de France à la postérité de Gharlemagne, ainsi que Témpire même, dont le pape fait un hochet pour sa propre sûreté.

987. — Hugues Capet. A ce moment le Rhin a vaincu la Gaule : Tunité gauloise^ géo- Ifraphique, est brisée; le fédéralisme triomphe sur toute la ligne, à l'infini .

Mais la nature des choses soutient l'énergie des princes. L'idée de l'unité franque avait soutenu la maison de Herstal, et produit une série d'hommes vigoureux, chose rare dans une dynastie :

Pépin de Landen ; Pépin d'Herstal ; Charles Martel ; Pépin le Bref; Charlemagne.

La reconstitution de l'unité française par la troisième race produit une série plus remarquable encore et plus longue :

lîî NOTES ET FRAGMENTS.

Hugues Capet , le fondateur ; Robert ; Louis VI le Gros (labbé Suger) ; Louis VII ; Philippe Auguste; Louis IX; Philippe le Bel; Philippe de Valois; Charles V; Louis XI; Charles VIII (Anne de Beaujeu); Louis XII; François?'; Henri IV; Richelieu ou Louis XIII; Louis XIV.

La Manche est bretonne, même normande sur ses deux rives. Il y a la grande et la petite Bretagne; l'anglais est composé de Français et d'allemand.

L'Adriatique, italienne sur ses deux rives.

La mer Rouge, arabe sur ses deux rives.

Mouvement communal, français autant que flamand.

La municipalité de Paris et des villes de l'ancienne confédération des bagaudes ; Parîs, Amiens, Troyes, Évreux, Tours, Rouen, Rennes, Nantes, sont les principales de ces villes qui étaient au nombre de 22. Ce sont là les vraies origines du mouvement communal, qui recommença quand, au protectorat militaire des rois francs, eut succédé le système féodal .

Alors ritalie donne le signal; dès 957, Cambrai s'insurge contre son évêque; en 1070, révolution du Mans; liberté quasi républicaine des villes de Flandre au onzième siècle; continuation du mouvement, aidé par les rois de France.

Sous Louis VI, le Gros, alliance de l'empereur avec le Normand d'Angleterre. — L'invasion est repoussée.

Le Rhin impérial. —Les auteurs, par exemple Ott, ne comprennent pas pourquoi la dignité impériale a quitté la France, pour devenir une prérogative de l'Allemagne. J'ai dit d'abord la raison tirée de la tradition carlovingienney laquelle n'est pas française, mais supérieure à la France môme, ainsi qu'à l'Allemagne, et qui a pour palladium le Rhin.

Il y en a une autre, c est que le royaume français est unitaire à la façon de l'empire païen des Césars, tandis que le monde chrétien est fédéraliste et féodal.

Avec Boniface VIII commence la discussion entre les gallicans et les ultramontains. — La

Ii4 ILOTES ET FRAGMENTS.

question des libertés de CÊglise gallicane ainsi que celle du pouvoir des papes et des rois, et de leurs rapports, déjà agitée au treizième siècle.

« La théorie véritable des rapports entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel est encore à faire, » dit Ott. — C'est une contradiction pure. Si c'était une antinomie naturelle, il y aurait lieu à une balance : mais non, il n'y a rien.

La Flandre perdue par Philippe le Bel, malgré la victoire de Mons-en-Puelle : nous n'en regagnerons jamais qu'une partie.

1502. — États généraux^ qui exprime bien, avec le mot tiers état, la nature du gouvernement que cherche la France.

eSLmV Est-ce que l'Italie ne cherche pas une légisppiueri, lation uniforme?

Azinconrt; '

Fonicnoy, £54.^3 gug l'Allemagne ne la cherche pas

Dnnkerke, Valcheren, ^USSl?

Ai^gésiras, Est-cc quc l'Autrichc n'y va pas ?

A?iplfJï; Unité de législation, comme de poids et

Villoria, /^

Waterloo, mesurcs ;

Unité douanière provisoirement ;

Égalité civile et politique; décentralisation administrative et policière;

Fédération des provinces (1789);

Liberté absolue de conscience;

Constitution du droit économique;

Voilà ce que cherche la France, obstinément, et qu'elle trouvera.

Si le duc de Bourgogne avait pu se maintenir, et que la royauté française eût succombé, alors runi|;é se reformait sous les Bourguignons, maîtres des Flandres; mais bientôt guerre acharnée avec TAllemagne.

La Suisse fondamentalement gauloise, ou celtique, comme les Allobroges et les Piémontaisy — Suisse ALLEMANDE. — Suisse française.

Le Bhin protestant : Diètes de Worms, Spire, confession d'Augsbourg, paysans du Rhin à Mulhouse et Munster, Sickingen, Reuchlin, Hutten.

Le Rhin infidèle à lui-môme, au synode de Dordrecht, 1618, condamne Arminius, fait

périr Barneweldt, persécute Grotîus. — La race germanique reste dans Tinconséquence; comme aujourd'hui, tombe dans l'hypocrisie,

L'arminianisme est quasi le* déisme pur ; un athéisme déguisé, dit Bossuet.

Bossuet, au total, vaut mieux que Luther. Union d'Utrecht (1579), Hollande, Zélande, Utrecht, Gueldres , Frislande, Oberyssel , et Groningue {sept provinces), contre le catholicisme. — On se détache à la fois, et pour toujours, de la France, du catholicisme et de Y Espagne.

Par la religion, Guillaume le Taciturne, séparait ses compatriotes de la France et de l'Espagne. — Élection momentanée du duc d'Alençon, erreur flamande,

1576. —Pacte d'union et de la sainte Ligue en France. On dirait que le pacte d'Utrecht y répond.

1492. — Découverte de l'Amérique.

1697.— Le cap de conne-Espérance doublé.

Ces deux événements, déplaçant le mouvement commercial du globe, changeront le

point Stratégique du monde; et le Rhin perdra de plus en plus son importance.

1717. — Abandon de la politique de Louis XIV par lé Régent ; et alliance avec la Hollande et l'Angleterre . — Mauvaise pour la France. — Antithèse.

1719. — Déclaration de guerre à l'Espagne. — Pourquoi ?

1718. — L'Autriche s'était associée à ce traité dit quadruple alliance.

1720. — Pacification.

1716-1720. — Système de Law, pratiques judaïques, mauvaises. Un principe de décadence pénètre en France, avec l'imitation des mœurs anglaises^ bancocratie, usure, capitalisme,* agiotage.

172S. — Alliance de la France, de l'Angleterre et de la Prusse ; sous le ministère du duc de Bourbon. *

Le cardinal de Fleury, qui garde précieusement la paix avec l'Angleterre, néglige la marine et prépare le triomphe des Anglo-Saxons.

1729. — Traité de Séville, qui garantit à

l'Espagne les duchés de Toscane , Parme et Plaisance; moyennant quoi elle retire sa protection à la compagnie d'Ostende, établie par l'empereur pour faire concurrence aux Hollandais et aux Anglais.

1733-35. — Guerre de la succession de Pologne.

1741-48. — Guerre de la succession d'Autriche.

L'Angleterre s'allie à l'Autriche.

1749. — Siège de Pondichéry par les Anglais; l'intérêt de la guerre pour la France est tout maritime.

1756. — Guerre de Sept ans. — Paix de Paris. — La France perd le Canada, le Sénégal et la Louisiane.

Dès Louis XIV, la France combat la domination maritime de l'Angleterre.

^ Le point stratégique s'est déplacé.

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