ODE À LÀ GLOIRE
PLACEE DANS LA COMÉDIE DE BOlLEAV ET ROURSAULT
Noble instinct d'une âme immortelle !
Amour d'une gloire à venir, Espoir de nous survivre en elle , Ne seriez-vous qu'un vain désir?
Nous trompez-vous? et quand noire âme À la grande âme va s'unir, De sa gloire oubliant la flamme, En perd-elle le souvenir?
Gloire! en ce lieu ta voix sonore Ne peut-elle nous parvenir?
Ne pouvons-nous l'entendre encore D'un monde à l'autre retentir?
Hé quoi! du Temple de Mémoire, Homère en mourant aurait fui!
ODE A LA GLOlïlt..
Kl des trois mille ans de sa gloir?, Son aine n'aurait point joui î
Non ! quelque monde qu'il habite , Cette gloire au nôtre l'unit; Nos transports, que son œuvre excite, V montrent vivant son esprit !
Contre cette œuvre en vain réclame Des Ombres l'avide Nocher, 11 y reste trop de son à me Pour qu'il ait pu l'en arracher.
Que dis-je? ce feu qui l'anime, Os pensers, ces divins accents, Voilà ton âme, être sublime!
C'est elle-même! je la sens!
Ah! quand dans ton œuvre on l'admire , Quand trois mille ans en sont émus, Présente aux transports qu'elle inspire, KUe en jouit, n'en doutons plus!
(Janvier 1870.)