‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 132 sur 133 · GG · texte numérisé non relu

GG

« Non! le deuil n'est point dans leurs cœurs

« Quand tes clefs, malheureuse France,

« Dans Anvers, Cologne et Mayence

« Sont aux mains de tes oppresseurs !

« Non I sous la menace hautaine

« D'orgueilleux , d'insolents geôliers ,

a Tout ce peuple de prisonniers

« Ne songe qu'à dorer sa chaîne !

« Dans ses discordes, que voit-ôn? .

« Des chefs, sous lesquels il s'enrôle, « Se disputant le triste rôle

DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

« De régner dans une prison.

« Ta liberté, sous leur bannière , .< Peuple, s'épuise en vains essais; « Il n'est de libre a/icun Français « Tant que la France est prisonnière!

a IN 'es-tu pas issu de ces Francs ,

« Enfants du Rhin et de la gloire?

« De ces Francs, dont jadis l'histoire

« A dit en de si fiers accents :

« La terre et toutes ses puissances

« Tremblent sous leurs pas valeureux ;

« Et le ciel croulerait sur eux ,

« Qu'ils le soutiendraient sur leurs lances

'< Reprends donc leur mâle fierté

« Laisse là tes discordes vaines!...

« Quand les frontières sont des chaînes ,

« Que parles-tu de liberté?

« Ah! d'un demi-siècle d'outrages

« Songe , avant tout , à te venger;

« Le joug honteux de l'Étranger,

« C'est le pire des esclavages ! »

O noble France! ainsi ton génie irrité T'excitait, s'indignant de ta captivité!

Et toi , sage Albion , quand , de l'Inde à Byzance,

L'astre géant du Nord menace ta puissance;

Lorsque des longs parcours l'obstacle surmonté

Va doubler le péril ; quand il s'est augmenté

D'un allié hautain , qui, grandi dans l'orbite

De cet astre géant , s'en fait le satellite ,

Que fais-tu donc? Crois-tu que sur ce continent,

Contre de tels rivaux , ton superbe Trident

Te suffise ; et que là , sans rien qui le seconde ,

11 soit encor pour toi le sceptre de ce monde?

Ne vois- tu pas qu'il manque à son autorité

D'un Empire voisin le glaive redouté;

Mais qu'il faut , pour qu'entr'eux l'union soit entière

Laisser à celui-ci ressaisir sa frontière?

Qu'alors, l'un comme l'autre à son faîte arrivé,

De ce double sommet sur l'Europe élevé ,

La domptant , on verrait ton trident et ce glaive

DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

D'un long siècle de paix réaliser le rêve? Qu'importeraient 4'un Czar.les hostiles fureurs, Lorsqu'entre vous et lui, huit Rois, deux Empereurs Ne trouveraient qu'en vous bienveillance, justice, Et de leurs intérêts la force protectrice ? Hâtez- vous donc; formez ce faisceau glorieux! Au centre de l'Europe en vous plaçant tous deux , Dieu voulut qu'en nos jours l'art de s'entre-détruire,

A son comble arrivé, vous serve à reconstruire!

Arrachez-le d'abord à son emploi brutal ;

Retournez-en l'abus contre l'esprit du mal ;

Qu'il tombe, et, comme lui, tout esprit de conquête

Si de l'Europe en vous on reconnaît la tête;

Des sciences, des arts, de tout progrès nouveau,

Si le Ciel en vos mains a placé le flambeau ,

C'est pour qu'entre vous deux une sainte alliance

En redouble l'éclat , les bienfaits , la puissance ;

Pour que l'astre géant pâlisse à sa clarté ;

Que du faible partout le droit soit respecté;

Qu enfin cesse entre vous toute lutte inféconde ,

Et que votre union donne la paix au monde!

La Paix ! Pour la donner, l'as-tu? Comment alors,

Sans l'avoir au dedans, l'imposer au dehors? Donner ce qu'on n'a point soi-même, est-ce possible? Tant que de tes partis l'esprit incorrigible, Sans pitié, sans remords, déchirera ton sein,

Pauvre France! renonce à ce noble dessein.

Qui peut compter sur toi, quand chez toi rien ne dure?

Hier, démagogie! Aujourd'hui, dictature!

Sait-on ce que demain tu pourrais devenir?

Quels voisins pour alliés nous voudraient donc choisir,

Et de les gouverner confier le système

A qui ne sait comment se gouverner lui-même?

Honteux abaissement! France, quand donc enfin

A tes divisions sauras-tu mettre fin?

Sois, à ton gré, Royaume, Empire ou République,

Choisis! mais, ton choix fait, qu'une loi despotique

D'un silence de mort frappe tous ces partis,

Qui sont de ta grandeur les plus grands ennemis!

C'est ainsi qu'Albion apprit à leur licence

Qu'au choix de son pays on doit l'obéissance.

Imite-la : qu'enfin ton pouvoir respecté

Courbe ces ennemis sous ton autorité ,

Ou les force à changer et leur perfide rôle

Et leur guerre coupable en un sage contrôle!

DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

Pour vous, fermes esprils, dont les convictions Survivent aux revers, au choc des passions, Vous aussi, nobles cœurs, dont le généreux zèle A des chefs malheureux garde un culte fidèle, Imitez le plus grand de nos grands orateurs (i) : Déchirez votre rôle, et restez spectateurs Si vous n'êtes guerriers, car alors votre vie, Guerriers, n'est plus à vous; elle est à la Patrie!

(Décembre 1869.)

Des temps de Marengo vétéran solitaire, J'élève encor vers toi ma voix nonagénaire : Que ses derniers accents soient dignes de ton non France de Charlemagne et de Napoléon !

Pauvre France, est-ce toi que Paris représente D'un pays mutilé capitale arrogante ,

(1) M. Guisot.

Qu'on agrandit sans cesse , et qu'on orne à tout prix , Quand sous un joug honteux , opprimé , le pays Reste faible , incomplet , tel que ce nain difforme Qui sur un corps chétif porte une tête énorme ?

Quand donc , ressaisissant et le Rhin et l'Escaut , France, lui rendras-tu le cadre qu'il lui faut? Quand t'a percevras- tu qu'un tel faite t'écrase , Et qu'il faut au sommet proportionner la base; Qu'il ne faut plus , surtout, offrir à tout venant , Comme en soixante-sept, le spectacle affligeant D'un captif invitant le geôlier qui l'enchaîne A venir admirer comme il porte sa chaîne , Se pare de ses fers et dore sa prison?

France de Charlemagne et de Napoléon, De quel progrès, de quoi peux-tu donc être fière , Quand tu n'as point du Rhin reconquis la frontière? A quel signe , sans lui , te reconnaîtrait-on , Trance de Charlemagne et de Napoléon ?

C'est lui qui protégeait , dans sa puissante course , De tes fleuves divers et le cours et la source ; Seul entre tous , son cours, tracé du sud au nord, Te inarque tes confins , comme un arrêt du sort. Avec lui rentreraient au pouvoir de tes Princes

Huit millions de sujets, cent villes, vingt provinces; Et tes chefs , Rois , Tribuns , Empereur, tour à tour, L'abandonnent aux mains de tes vainqueurs d'un jour! Quoi! malgré tant de sang, après tant d'holocaustes, C'est encor Lille et Metz qui sont tes avant postes ! Quoi! d'un Prussien, d'un Belge acceptant les mépris, Tes fiers représentants ne songent , dans Paris, Qu'à pérorer sans fin sur l'art de te conduire , Sans craindre d'imiter les Grecs du Bas-Empire; Quand, 6 honte ! le tien n'a plus même aujourd'hui La frontière qu'il eut au temps des Dubarry ! Pour la défendre, ainsi morcelée, incertaine, Un million de soldats te suffirait à peine ; Tandis que , reportée au Rhin et dans ses forts, Qui l'oserait braver? Respectée au dehors,

Ta gloire suffirait , ta gloire qui se souille D'un Bismark, d'un Cobourg , assis sur ta dépouille , Et dont le joug hautain dément jusqu'à ton nom, France de Charlemagne et de Napoléon'

Au Rhin donc! c'est le cri de ton indépendance; Tout est là : ton honneur, ta gloire, ta puissance ; Et ton repos aussi. La paix au prix du Rhin , C'est une fausse paix les armes à la main ,

La honte au cœur, repos ruineux et précaire; Ce n'est point là la paix, si ce n'est point la guerre.

Au Rhin donc! et qu'enfin, d'un premier bond franchi Déjà son bord français en soit presque affranchi ; Ses forts , pris à revers ; la lutte décisive, Avec tous ses fléaux, portée à l'autre rive.

L'offensive est française! Après ce premier pas, Qu'elle vive du sol , marche, et n'hésite pas. « Hàtons-nous! s'écriait le géant des conquêtes : « Les jambes, mes enfants, épargneront les têtes! » Que l'ennemi partout soit ainsi prévenu : Celui qu'on déconcerte est à demi vaincu. Ose donc, et surtout que la bataille. prête , De ton rival troublé menace la retraite. Dans la nécessité de vaincre ou de périr, S'il résiste aux assauts que tu lui fais subir, Qu'un corps choisi soit prêt; que son artillerie Foudroie un point donné de la ligne ennemie ; Qu'il la crève , s'y jette, en rompe enfin l'accord, FA qu'ainsi du combat il décide le sort.

Mais que ton chef ici ne borne point sa gloire : Vaincre est peu , s'il ne sait user de la victoire. Les nuits, les jours suiv ants, point de repos , soldats, Sans en avoir atteint les derniers résultats! Poursuivez ces vaincus. Changez, coûte que coûte,

Et leur retraite en fuite , et leur fuite en déroute. Réserves, accourez î Ce n'est que dans Berlin Que vous ressaisirez le bord français du Rhin. C'est là que de Landau , de Cologne et Mayence Sont les clefs.... ou plutôt les tiennes, pauvre France!

Qu'attends-tu donc? Crains-tu, dans ce choc inégal , De rencontrer bientôt un plus puissant rival ; Et même, contre toi, qu'une triple alliance Et sur terre et sur mer n'épuise ta vaillance? Non : si d'un double effort il ne faut point douter, Ce triple et trop grand choc n'est point à redouter.

Quand des États-Unis la grande République Dispute l'Océan au Trident britannique ; Quand l'empire des Czars, sans cesse grandissant , Vers l'Inde, chaque jour, marche à pas de géant , Et qu'il a pour Byzance, objet de son caprice, Comme pour la Pologne , un Prussien pour complice j Lorsqu'à ce prix, enfin, à ce roi parvenu Il promet un secours rapidement venu, Ne crains plus aujourd'hui que l'Angleterre hésite Entre l'Aigle française et l'Aigle moscovite ; A moins que, spectatrice, elle borne ses vœux A les voir à l'envi se déchirer tous deux.

Eh bien ! satisfais-la, brave encor cet obstacle; D'un second Austerlilz donne-lui le spectacle.

Ton grand homme n'est plus ! Mais ta cause, aujourd'hui, D'un empire puissant n'a-t-elle pas l'appui? Et , grâce à Sadowa, n'est-elle pas plus riche Des huit cent mille bras de la guerrière Autriche?

Bien plus : dans ce conflit contre ton oppresseur Le nombre seul des bras est-il en ta faveur? Vois ceux que contre toi son vain orgueil rassemble : Plus il les fait nombreux, et moins ils ont d'ensemble. Polonais et Danois, Hessois, Hanovriens, Et des Libres Cités les mâles citovens , • La moitié des sujets qu'il arme pour sa cause , En détestent le joug, et celui qui l'impose. Croirais-tu donc qu'au sud, leurs alliés, dans leur cœur, Seraient plus dévoués à cet usurpateur?

Voudraient-ils que du Mein la trop faible barrière, Que l'Elbe, des trafics leur rapide courrière, Que le Danube enfin, ce fleuve sans rival, Au cours deux fois royal, deux fois impérial, Avilis, dégradés, devinssent tributaires D'une cliélive Sprée, inconnue à leurs pères?

Non, non! Crois bien plutôt, que, dans leur cœur loyal, Tous, au sud comme au nord, n'attendent qu'un signal; Qu'ils savent qu'à la fois, c'est de Paris et Vienne Qu'il faut, pour leur salut, que ce signal leur vienne; Et qu'on y choisira le moment opportun

Pour écraser ensemble un ennemi commun.

Ils le craignent autant qu'ils te craignaient naguère. Mais, commence pourtant par un prompt coup de guerre ! Va : quand d'un grand succès son début est marqué, Les alliés au vainqueur ont-ils jamais manqué?

Ab! quand ils entendront leur ancien Cîief leur dire : « Amis, accourez tous au salut de l'Empire! « Le signal est donné; ce Français, ce vainqueur, « N'est plus un conquérant : c'est un libérateur, « Votre allié le plus sûr ! marchons sans défiance ; « C'est encor, c'est toujours notre Sainte Alliance, a Mais contre un ennemi né dans son propre sein! a Retournons contre lui son perfide dessein. « Tous les moyens sont bons à sa noire entreprise : « Il viole tous les droits, par force, par surprise; « Voisins, amis, alliés, monarque ou citoyen,

* Tout, sous son joug de fer, doit devenir prussien ; m Et, croyant nous tromper par un vain stratagème, « Il veut, au nom de tous, seul être tout lui-même.

« Eh bien ! montrons-lui tous combien il s'est mépris « En osant nous traiter avec un tel mépris !

* Répondons au signal que nous donne la France; c Qu'il soit enfin venu le jour de la vengeance !

o Arrachons à ce Roi le prix de tant de maux,

* Ce manteau royal fait de pièces, de morceaux

« Dérobés, extorqués par ruse ou violence : « Mettons à nu ce traître a la Sainte Alliance î

« Que la Poméranie, où naquit son Bismark, « Soit, avec le Holstein, donnée au Danemark; « Au loyal Roi saxon, Witlemberg, les Lusaces, « La Silésie encore, avec ses fortes places; « Au Roi hanovrien, Magdcbourg pour garant, « Avec la Westpbalie en dédommagement.

« Que la Hesse à nos bras doive sa délivrance, a Et les Libres Cités, leur vieille indépendance. « Qu'enfin le noble Rhin soit respecté de tous; « Qu'il serve de barrière entre la France et nous; « Ou plutôt, qu'allemande et française, son onde « Soit de notre union une image féconde! « Pour vous, Rois du Danube, au delà de ses bords « Le vaincu payera le prix de vos efforts; « Et quant aux miens, amis, pour eux je ne demande « Qu'à retrouver en vous ma Patrie allemande ! »

France, à ce cri d'honneur, ce généreux appel, Doutes-tu que l'élan ne soit universel?

Qu'en tous ces braves cœurs l'écho n'en retentisse, Et que ce juste arrêt bientôt ne s'accomplisse?

— Oui, dis-tu.... tout concourt, mais grand est le péril. Et grand il veut un Chef. Ce Chef surgira-t-il?... 11 faut que du bon sens brille en lui le génie;

Que son coup d'œil soit prompt; sa prudence, hardie; Qu'habile, ardent, actif, il soit, dans ses essais, Digne de commander à des soldats français; Qu'ils aient foi dans ce chef; que cette confiance Double en lui le pouvoir, comme en eux la vaillance : Un tel Chef, l'aurons-nous?... Vainement évoqué, L'homme à l'occasion a si souvent manqué!

— Certe, il peut lui manquer, et trop souvent, sans doute : Comment, pour la saisir, se trouver sur sa route, Quand il faut qu'aujourd'hui tout marche à la vapeur? I* sort, qui, de nos jours, marchait avec lenteur, Laissa, pendant quatre ans d'une guerre incertaine, Méconnu dans tes rangs ton plus grand capitaine. Mais , maintenant qu'un chef sur les champs de combats N'arrive qu'entouré d'un peuple de soldats Qui dévore en trois mois la fortune publique , Il faut, sans nul retard, que son destin s'explique ; Et, dès les premiers jours , on exige de lui Les trois mots de César : f 'cni, vidi, vici.

Bien plus, au choix d'un chef, qui lui-même s'ignore, Combien d'autres hasards vont s'ajouter encore ! Ce nouvel armement, ces rapides chemins, Veulent un art nouveau pour de nouveaux moyens; Puis, ces bras par millions, quand déjà, pour cent mille, Le commandement même échappe au plus habile;

Leur partage obligé sous divers chefs de corps,

Doublant la chance entre eux des fatals désaccords!...

Mais qu'importe, après tout? La part de ta rivale

A ces hasards de plus n'est-elle pas égale?

Son ministre, son Roi, valent-ils, en un mot ,

Le seul héros qu'elle eut?... Sois donc prête; et bientôt ,

Sur leur sol usurpé, tu verras ce que pèse

Ce nouveau Richelieu, sous un autre Louis Treize!

sis

(Juillet 1870.)

Enfin ton oppresseur a comblé la mesure : Jusqu'au plus fol orgueil il a poussé l'injure; J'entends partout le cri de l'indignation ! France, tu redeviens la grande nation!... Mais dois-je à cette ardeur joindre mon cri de guerre? Hélas! non; tout me dit qu'il faut encor me taire : Comment pour l'offensive, après un long sommeil , Tout peut- il êlre prêt, France, dès ton réveil (1)?... Mon Dieu , protégez-la contre une cause impie! Et vous , qu'à notre Chef votre immortel génie inspire des élans dignes de votre nom, Mânes de Charlemagne et de Napoléon !

(1) Ceci explique pourquoi, à cette époque, l'auteur, malgré les pressantes sollicitations de plusieurs de ses amis, se refusa à publier ce qu'il appelait son Chant de guerre : cette guerre, à laquelle il désirait tant qu'on se préparât, Tenant d'être déclarée sans armées et sans alliances prêtes, lui paraissait intempestive et prématurée. {Noie de i'cditeur.)

PARIS. — (Mars et Avril 1871.) REVERIES D'UN NONAGENAÎRK.

Jèrc |

Compagne, amis , parents, avant nous disparus, Où vous rejoindrons-nous? qu'êtes- vous devenus? Quand la mort vous arrache aux maux de cette terre, Votre âme à nos destins devient-elle étrangère? Certes s'il se pouvait, libres, du haut des cieux Vous nous protégeriez, Mânes de nos aïeux ! Tel dans ses Demi-Dieux l'a cru le Paganisme, Tel le croit dans ses Saints notre Christianisme; * Mais, sur ce bord du gouffre où nous attend la mort , Jamais nul souffle d'eux ne \ient de l'autre bord Confirmer cet espoir, et donner à notre âme, Dans son doute, un appui qu'en vain elle réclame!.

Di

L'instinct cro't . ce qui doute en nous c'est la raison. Dieu créa libre l'homme en lui faisant ce don, Libre, mais responsable et doutant à ce titre. S'il ne doutait de rien, pourquoi son libre arbitre? Loin de là , sa raison ne veut ajouter foi Qu^à ce dont elle sait le comment , le pourquoi , Si bien que de Dieu même elle doute, incapable D'expliquer autrement ce monde inexplicable

IIP™

Athéisme! et voilà le misérable écueil Où de notre raison vient échouer l'orgueil ! Cet attribut si vain du beau nom qu'il s'adjuge Met tout en question , de tout il se fait juge ; Et de ce que par lui l'homme règne ici-bas Sur tout être vivant, hors sur lui-même, hélas! De ce que découvrant les lois de la matière, Il les assujétit à notre race allière,

Celle-ci , reniant ses instincts et son Dieu , Croirait que sa raison doit seule en tenir lieu , Comme aux odieux jours d'une Commune infâme (i)!' Raison, mère du doute, où conduis-tu notre âme?....

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