‹ Mélanges, par le général Cte de SégurChapitre 20 sur 133 · ESPRIT , BON SENS ET CARACTERE · texte numérisé non relu

ESPRIT , BON SENS ET CARACTERE

Beaucoup d'esprit et de bon sens avec autant de caractère , c'est le génie ! les deux premières de ces qualités faisant voir dans toute affaire le point capital, et la troisième, employer toutes ses forces pour y arriver.

Mais généralement, plus on a d'esprit moins on a de caractère, l'esprit nous montrant le faible aussi bien que le fort de toute affaire, d'où il arrive qu'il nous y laisse irrésolu; tandis qu'au contraire, comme lorsque moins on a d'idées plus on y tient, et qu'alors on ne voit qu'un côté de chaque chose, il se trouve des gens qui ont encore plus de caractère que les hommes de génie, ce sont les bêtes!

Quant au bon sens , si l'esprit sans lui n'est que folie et le caractère qu'entêtement, luimême, en revanche, n'est que de bien peu d'utilité dans le conseil , sans esprit ; comme dans l'action , sans le caractère.

de l'athéisme.

Plus la connaissance de Dieu s'est élevée chez les hommes , plus leur civilisation s'est perfec-

D'UN OCTOGÉNAIRE. lîl

tionnée; témoin ses incomparables progrès depuis le christianisme; et cependant, plus cette civilisation progresse, plus y progresse l'athéisme !

On en voit même aujourd'hui s'y multiplier l'enseignement public. Mais, quel qu'en soit le danger, c'est à la philosophie seule, ou spiritualiste ou religieuse, d'en faire justice; le glaive des lois s'y émousserait; et la ciguë pour un Spinoza nous révolterait autant que pour Socrate.

Ceci est un fait qui d'abord étonne. Un rapprochement fera cesser cet étonnement; comparaison est souvent raison; ainsi :

Tentative d'homicide : c'est-à-dire, de tuer dans un homme, et dans un seul homme, le corps seulement;

Tentative de déicide : c'est-à-dire , de détruire dans les hommes toute croyance à Dieu et à un autre monde;

Ou plus exactement : tentatives toutes deux homicides, Tune de l'homme physique, l'autre de l'homme moral.

Or, quand la première est réprimée dès son

commencement d'exécution, pourquoi la seconde est-elle tolérée, sinon parce qu'on a reconnu que l'athée commet sa tentative dans une région où, lorsque pour lui tout est matière, tout est, au contraire, si immatériel, que la justice de la société ne peut l'y atteindre , quelque dommage qu'elle doive éprouver de sa tentative.

D'où l'on peut aussi conclure que cette cause de l'impunité de l'athée est une preuve de plus contre son matérialisme.

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